Briser le silence : La santé menstruelle au cœur des débats au Tchad
Un événement à N'Djamena met en lumière la santé menstruelle, abordant tabous et solutions pour améliorer les conditions des femmes tchadiennes.
Par Malick Mahamat
Le 20 juin 2026, un événement de sensibilisation s'est tenu à N'Djamena, mettant en lumière les règles menstruelles des femmes et des jeunes filles. Kaltouma Dadi, dans son discours d'ouverture, a insisté sur l'importance de briser le silence autour de la santé menstruelle. "Nous sommes réunis pour parler d’un sujet qui concerne la moitié de la population et dont on parle encore trop peu. La santé menstruelle ne concerne pas seulement les femmes ; elle concerne aussi l’avenir de nos pays", a-t-elle déclaré.
Le Tchad, riche de ses filles, doit se préoccuper de leur santé, de leur éducation et de leur épanouissement. Derrière les règles se cache une force : celle d’un corps capable de donner la vie, mais aussi celle de femmes capables de réaliser leur potentiel. Parler des règles, c’est aussi aborder des questions de santé, d’éducation, de dignité et d’avenir. Cette initiative ne vise pas à remplacer les associations, les ONG ou les professionnels de santé.
Cette démarche est porteuse d’espoir pour les femmes et les jeunes filles du Tchad. La première session de cette table ronde symbolique a porté sur le cycle menstruel et les questions de santé y afférentes, présentées par des gynécologues. Les réalités vécues par les femmes et les jeunes filles, les tabous persistants, et les solutions envisageables ont été discutés. "Nous rêvons d'un pays où aucune jeune fille ne manque l'école à cause de ses règles, où aucune femme ne considère la souffrance comme une fatalité", a ajouté Dadi.
Neldji Nanadoumgar, représentante du ministère de la Femme, a souligné que cette initiative contribuera à lever les tabous autour des menstruations, à lutter contre la précarité menstruelle, et à promouvoir le droit à la santé et à l'éducation des femmes.
Les défis socio-économiques au Tchad restent importants, notamment ceux liés à l'amélioration de la condition féminine. Une collaboration entre les pouvoirs publics, le secteur privé, les organisations de la société civile, et les partenaires techniques et financiers est essentielle pour produire un impact durable et améliorer les conditions de vie des femmes.