Cameroun : saisie record d'écailles de pangolin, trois arrestations à Yokadouma
Trois trafiquants présumés ont été arrêtés à Yokadouma avec 700 kg d'écailles de pangolin. Cette saisie majeure met en lumière un réseau international de trafic faunique.
Par Abraham Ndjana Modo
Dans une opération majeure contre la criminalité faunique, trois trafiquants présumés ont été arrêtés avec plus de 700 kilogrammes d’écailles de pangolin dissimulés dans un atelier de menuiserie situé au centre de Yokadouma, dans la région de l’Est. Deux motos utilisées dans le trafic ont également été saisies.
L’arrestation a été menée par la délégation départementale des Forêts et de la Faune du Boumba et Ngoko, en collaboration avec la gendarmerie nationale, avec l’appui technique de LAGA, une organisation de soutien à l’application de la loi sur la faune. Les suspects ont été appréhendés alors qu’ils pesaient les sacs d’écailles lors d’une descente, fruit d’une enquête de longue durée.
Ces trafiquants spécialisés dans les écailles de pangolin avaient collecté et stocké les écailles au fil du temps, dissimulant leurs activités sous le commerce de produits forestiers non ligneux. Leur réseau s’étendait à plusieurs régions et aux pays voisins, notamment la République centrafricaine, le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale. Ils étaient capables d’acheminer de grandes cargaisons vers des villes comme Yaoundé, Douala et Bertoua. L’une de leurs techniques de dissimulation consistait à cacher les écailles parmi des sacs de poivre afin de masquer l’odeur.
Le ministère des Forêts et de la Faune a dénoncé le massacre des pangolins et réaffirmé sa détermination à lutter contre le commerce émergent des écailles de pangolin. Le ministère a souligné l’importance de la collaboration avec LAGA et d’autres partenaires dans la lutte contre la criminalité faunique. Selon Ofir Drori, directeur de LAGA, cette saisie représente le massacre d’environ 2 300 pangolins.
Le Cameroun abrite trois espèces de pangolins (le pangolin à ventre blanc, le pangolin à ventre noir et le pangolin géant), toutes totalement protégées. La possession ou le trafic d’écailles de pangolin est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison selon la loi faunique de 2024. Les pangolins sont consommés localement comme viande de brousse, tandis que leurs écailles sont exportées illégalement, principalement vers la Chine et l’Asie du Sud-Est.
