Cameroun : vers une chaîne de valeur cacao plus équitable

Le Cameroun lance les Cocoa Days pour une chaîne de valeur cacao durable, avec un appel à une rémunération équitable des producteurs, soutenu par l'Union Européenne.

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Cameroun : vers une chaîne de valeur cacao plus équitable

Par Abraham Ndjana Modo

Ce mercredi 1er juillet 2026, l'hôtel Mont Fébé de Yaoundé a accueilli l'ouverture de la première édition des journées de dialogue multi-acteurs pour une chaîne de valeur cacao durable au Cameroun, présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence du ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, et du ministre des Forêts et de la Faune, Jules Doret Ndongo.

Le chargé d'affaires de la délégation de l'Union Européenne au Cameroun, Philippe Lafosse, ainsi que des représentants d'institutions internationales et de partenaires au développement (FAO, GIZ, EFI, EUROPE TEAM), l'industrie chocolatière, représentée par les sociétés Touton, Cargill et Barry Callebaut, et les organes de la filière étaient également présents.

Les "Cocoa Days" s'inscrivent dans la continuité d'un processus initié à Bruxelles en juillet 2017. Après les "Cocoa Talks" de 2021-2023 et les "Cocoa Actions" qui ont suivi, cette nouvelle étape vise à aligner la filière cacao du Cameroun sur les exigences mondiales de durabilité, grâce au soutien de partenaires institutionnels, notamment l'Union Européenne.

Philippe Lafosse a réaffirmé l'engagement de l'Union Européenne aux côtés du Cameroun : "Le Cameroun a de l'ambition pour son cacao, deuxième source de revenus après les hydrocarbures. Cette ambition est légitime et nécessaire. L'Union Européenne continuera d'accompagner cette vision car nous croyons en une filière d'avenir, capable de créer de la valeur, d'offrir des perspectives aux jeunes et de contribuer à un développement inclusif et durable."

Le discours du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a marqué la cérémonie. Il a souligné que, près d'une décennie après la rencontre de Bruxelles, la question de la juste rémunération des producteurs reste problématique, avec des disparités persistantes dans le partage de la valeur.

Pendant trois jours, les participants discuteront de ces problématiques dans un cadre inclusif et orienté vers l'action. Les organes de la filière, les industriels, les coopératives, les partenaires au développement et les représentants institutionnels travailleront à définir un nouveau pacte cacaoyer pour le Cameroun.

Le ministre a conclu avec une formule symbolique et programmatique : "Nous disons oui à la durabilité, et oui, trois fois oui à la profitabilité, à la décence des prix, à l'équité de la rémunération et à la transparence du marché." Un appel clair à une durabilité équitable, sans sacrifice unilatéral des producteurs, mais avec un partage plus juste des fruits de la filière.