Conflit d'héritage à N’Djamena : la veuve accusée de faux
Une veuve est accusée de produire un faux document pour s'approprier un bien à N’Djaména. L'affaire est renvoyée au 17 juin pour examen des pièces.
Par Ahmad Youssouf Ali
Une affaire familiale complexe est en cours devant le tribunal de grande instance de N’Djaména. Lors de l'audience, une prévenue a interpellé les avocats de son beau-fils, l'accusé, en déclarant : « Je ne sais pas pourquoi vous portez la robe noire ». Ces propos ont été immédiatement contestés par la défense. La prévenue a ensuite retiré ses paroles et présenté ses excuses à la barre, ce mercredi 3 juin 2026. Elle est accusée d'avoir produit un faux document.
Le litige trouve son origine dans un testament rédigé par son défunt mari, qui lui attribue une maison située à Walia. Pour appuyer sa revendication, la prévenue a présenté un document, mais il s'agissait d'une copie et non de l'original. Les avocats de l'accusé ont exigé la présentation de l'acte original, ce que la prévenue n'a pas pu faire.
Interrogée par la défense, la prévenue a affirmé que son beau-fils et ses proches avaient forcé la porte de la chambre de son défunt mari pour récupérer ses effets personnels. Concernant l'absence de l'original du document présenté au juge, elle a déclaré que ce document lui avait été remis directement par son mari.
L'avocat de la prévenue a précisé qu'une attestation de reconnaissance de terrain, établie au nom de sa cliente par le défunt de son vivant, avait été délivrée par la mairie dès 2015. Selon lui, ce n'est pas à sa cliente de fournir le document original, car ce sont les proches du beau-fils qui auraient forcé la porte de la chambre du défunt.
De son côté, le procureur a souligné dans son réquisitoire la nécessité de prouver l'authenticité et le caractère original du document litigieux. À l'issue des débats, le président du tribunal a renvoyé l'affaire au 17 juin prochain pour la jonction des pièces du dossier.