Conflit entre coépouses à N’Djamena : le mari sur la sellette

Un conflit entre coépouses à N’Djamena met en cause le mari, accusé de favoritisme. L'affaire, marquée par des tensions et des révélations, est renvoyée à une audience ultérieure.

Partager
Conflit entre coépouses à N’Djamena : le mari sur la sellette

Par Temandang Gontran

Une audience particulièrement mouvementée s'est déroulée au Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena le 24 avril 2026. Au cœur du litige : une plainte déposée par une épouse contre sa coépouse pour menaces de mort. La plaignante affirme avoir été intimidée par sa rivale à l'aide d'une arme à feu.

Le témoignage du chef de famille

Face à la gravité des faits et à l'impasse du conflit conjugal, le juge a ordonné la comparution du mari. Ce dernier, en sa qualité de chef de famille, a tenté de se justifier à la barre :
« La première épouse exige la répudiation de la seconde, mais elles disposent des mêmes droits. Celle qui conteste cette situation doit le déclarer officiellement devant le tribunal. Il n’y a aucune préférence, elles sont tenues de cohabiter en bonne intelligence, car les deux ont chacune des enfants. »
L'époux a expliqué avoir pris des mesures de séparation de corps de fait en installant chaque épouse dans un domicile distinct. Cependant, la plaignante aurait quitté son foyer avant d'y revenir, alléguant un traitement de faveur dont bénéficierait la seconde épouse.

La rupture du devoir conjugal

Un moment de tension a basculé dans l'hilarité générale lorsque la plaignante a révélé que son époux s'était abstenu de tout rapprochement intime pendant près d'un an. Cette défaillance dans l'accomplissement du devoir conjugal a provoqué un fou rire collectif dans la salle d'audience, partagé par les magistrats eux-mêmes.

Toutefois, la présidente de l'audience a rapidement rappelé le mari à ses obligations légales, soulignant sa responsabilité civile et morale. Elle a rappelé qu’en régime de polygamie, l'époux est tenu à une stricte égalité de traitement entre ses conjointes.

L’échange a pris une tournure acerbe lorsque l'avocat de la partie civile a tenté de plaider la cause de sa cliente. Le mari a répliqué avec véhémence :
« Je partage le lit de ma femme, l'avocat dort ailleurs ; il n'a pas son mot à dire sur ce qui se passe dans ma chambre. »
Cette repartie a de nouveau déclenché les rires du public.

L'homme a conclu en révélant l'existence d'une troisième épouse, affirmant sans détour que si l'entente n'était pas possible, le divorce ou le départ des contestataires serait la seule issue. L'affaire a été renvoyée à l'audience prochaine.