Congo : la traque contre les fraudeurs s'intensifie au ministère de l'intérieur
Le ministre congolais Jean Olessongo Ondaye intensifie sa lutte contre le trafic de passeports, avec des arrestations et réaffectations de policiers, visant à restaurer la crédibilité des documents de voyage.
Par Mvouanzi Jonas
Le nouveau ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, le général Jean Olessongo Ondaye intensifie sa lutte contre le trafic de passeports. Après plusieurs semaines de mises en garde, les premières sanctions sont tombées.
Selon des sources sécuritaires, six rabatteurs ont été interpellés récemment dans l’enceinte de la préfecture de Brazzaville. Ils ciblaient des demandeurs de passeports en leur promettant des délais accélérés contre des sommes pouvant atteindre 250 000 FCFA. Les arrestations ont été rendues possibles par une opération discrète. Des agents infiltrés, se faisant passer pour de simples usagers, ont observé pendant plusieurs jours les activités des intermédiaires avant d’intervenir. Les suspects ont été appréhendés en possession d’importantes sommes d’argent issues de leurs transactions.
Des policiers dans le viseur
Les auditions ont rapidement élargi le cercle des personnes visées. Toujours selon les mêmes sources, 56 policiers, dont des officiers et des hauts gradés, ont été réaffectés vers différentes localités de l’intérieur du pays. Des procédures administratives, disciplinaires et judiciaires sont engagées pour établir les responsabilités. Ces mesures s’inscrivent dans une réorganisation plus large des services des migrations et du contrôle des étrangers, marquée récemment par le remplacement de plusieurs responsables.
Que le passeport cesse d’être un document de luxe
Pour le ministre Jean Olessongo Ondaye , l’objectif est clair : restaurer la crédibilité du processus de délivrance. « Travailler à ce que le passeport cesse d’être perçu comme un document de luxe », a-t-il martelé . Le ministre entend mettre fin aux frais informels et aux circuits parallèles qui alimentent depuis des années le mécontentement des citoyens. « Ce n’est qu’un début. La traque continue. La bataille se veut sans pitié », préviennent des sources proches du dossier.
Une lutte qui s’annonce longue
Malgré ces premiers résultats, les enquêteurs estiment que le démantèlement complet des réseaux prendra du temps. Les investigations se poursuivent pour identifier d’autres acteurs impliqués. Ces actions interviennent alors que la République du Congo a annoncé, le 25 mai, la suppression des visas pour tous les Africains à partir du 1er janvier 2027. La crédibilité des documents de voyage congolais devient dès lors un enjeu stratégique pour la libre circulation sur le continent.