Crise au Soudan et sécheresse historique : le Tchad face à une double urgence humanitaire et sécuritaire
Entre la poursuite du conflit au Soudan, les frappes de drones frontalières et une sécheresse historique, l'est du Tchad fait face à une crise humanitaire et sécuritaire majeure.
La situation sécuritaire le long des frontières tchadiennes demeure préoccupante, bien qu'elle reste globalement stable à l'intérieur du pays. Les provinces du Sila, de l'Ouaddaï, du Wadi-Fira et de l'Ennedi-Est subissent de plein fouet les répercussions du conflit au Soudan voisin.
Depuis la fin du mois d'août, les violences persistantes poussent de nouvelles populations à chercher refuge au Tchad. Le pays subit également les retombées directes de la guerre, illustrées par plusieurs frappes de drones signalées dans le Wadi-Fira et l'Ennedi-Est. Le 11 septembre, près de Koulbous, un ressortissant tchadien aurait été tué par des éléments des Forces de soutien rapide (FSR), tandis que des enlèvements ont été rapportés dans cette zone frontalière.
Crise climatique et défi humanitaire
Parallèlement, la sécheresse — qualifiée par le Programme alimentaire mondial (PAM) comme l'une des plus sévères de la région depuis 1984 — détruit les récoltes et fragilise les moyens de subsistance, alimentant de nouveaux déplacements vers l'est du territoire. Face à cette urgence, le gouvernement tchadien a mené une mission d'évaluation dans les provinces orientales pour mesurer le déficit pluviométrique.
Parmi les mesures envisagées figurent l'exonération des droits de douane sur certains produits de première nécessité et la distribution ciblée de céréales aux ménages vulnérables. Cette problématique a également été au cœur des échanges entre les autorités de l'Ouaddaï et le Directeur régional du HCR pour l'Afrique de l'Est, la Corne de l'Afrique et les Grands Lacs, en mission au Tchad du 17 au 21 septembre 2026.
Des défis logistiques accrus
À l'intérieur des zones d'accueil, la criminalité — marquée par des vols à main armée, des agressions et des risques liés aux engins explosifs — complique le quotidien. De surcroît, les fortes pluies saisonnières et la crue des ouadis entravent l'accès à plusieurs localités, ralentissant les opérations humanitaires.
Afin de sécuriser les intervenants, deux sessions de formation « Safe and Secure Approaches in Field Environments » (SSAFE) ont bénéficié à 61 participants, et deux autres sessions menées avec le PAM sont prévues en octobre.