Crise du logement à N'Djamena : le calvaire quotidien des locataires face à la flambée des prix
Trouver un logement à N'Djaména est devenu un véritable défi pour les habitants. Entre les frais de visite abusifs, la flambée des loyers et un vide juridique persistant, les locataires crient leur détresse.
Par Nguessitta Djimtengaye William
Trouver un logement à N'Djamena est devenu un véritable calvaire pour la population. Aujourd'hui, malgré la multiplication des annonces sur les réseaux sociaux — notamment WhatsApp, Facebook et TikTok — et l'aide des démarcheurs pour trouver le bien idéal, cette apparente facilité cache un problème sérieux.
Les démarcheurs exigent souvent des frais de visite qui peuvent aller de 5 000 à 10 000 francs CFA. Si un locataire potentiel doit visiter trois ou quatre logements par jour, cela équivaut presque au montant d'un loyer mensuel.
Pour une location à proximité du centre-ville, il faut débourser entre 35 000 et 40 000 francs CFA pour une chambre simple, et parfois de 60 000 à 70 000 francs CFA pour une chambre et un salon. Un jeune résidant à N'Djamena témoigne au micro d'Alwihda Info : « Mon salaire y passe entièrement, c'est difficile de joindre les deux bouts. » Une mère veuve confie quant à elle : « Je suis seule avec mes enfants. Dans les quartiers reculés, il y a trop d'insécurité. Malgré la cherté, je suis obligée de louer au centre-ville, une chambre à 35 000 francs CFA, pour la sécurité de mes enfants. »
Face à cette hausse des prix, les propriétaires et les bailleurs évoquent souvent le coût élevé des matériaux de construction, notamment le fer, le ciment et le sable.
Interrogé par nos confrères de Tchadinfos, le juriste Noudjasde explique : « Le code civil français de 1958, toujours en vigueur au Tchad, encadre le bail mais ne fixe aucun plafond ni critère de régulation des loyers. Le montant dépend uniquement de la volonté des parties lors de la signature du contrat ; aucun mécanisme légal n'empêche le propriétaire d'augmenter un loyer à sa guise. »
Pour pallier cette situation, l'État tchadien doit s'engager dans une politique durable afin de baisser les prix des locations. Cela passe par la réduction du coût des matériaux de construction, la mise en place de mécanismes de régulation des loyers et l'encadrement strict des avances et des cautions, des mesures qui soulageraient durablement la population.