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# Culture au Tchad : former la jeunesse et bâtir un marché, le défi de Mawndoé Célestin
- URL: https://www.alwihdainfo.com/culture-au-tchad-former-la-jeunesse-et-batir-un-marche-le-defi-de-mawndoe-celestin/
- Published: 2026-11-08T09:09:23.000Z
- Updated: 2026-11-08T09:09:23.000Z
- Description: À N'Djaména, l'espace « Au nom de l'art » ambitionne d'éveiller les enfants à la création tout en posant les bases d'une économie culturelle pérenne pour les artistes tchadiens.
- Author: Alwihda Info
- Tags: CULTURE, Tchad

**Par Katchibé Mapagne**

Former les enfants à l'art dès le plus jeune âge et créer les conditions pour que les artistes tchadiens puissent vivre de leurs œuvres : tel est le double pari de l'espace « Au nom de l'art », présenté samedi à Bakara par son fondateur, Mawndoé Célestin, lors d'un déjeuner de presse.

Implanté dans le 7e arrondissement de N'Djaména, cet espace est porté par les Ateliers de Mawndoé. Il ne se veut pas une simple galerie d'exposition, mais un lieu d'éveil, de formation et de rencontre dédié à la création.

L'ambition première est éducative : faire découvrir aux enfants différentes formes d'expression artistique, au-delà de la seule musique, et leur apprendre à regarder, comprendre et apprécier une œuvre.

« Si demain on veut avoir des consommateurs d'art, il va falloir commencer par les éduquer », explique Mawndoé Célestin.

L'espace entend accueillir aussi bien les jeunes qui aspirent à devenir artistes que ceux qui souhaitent simplement développer leur sensibilité. Des contenus éducatifs y seront produits, et une réflexion est en cours pour y adosser un volet académique de formation aux pratiques artistiques.

Mais pour le fondateur, l'éducation ne suffira pas sans un véritable marché culturel.

« Tant que nous ne pouvons pas créer un marché capable de permettre aux artistes de vivre, ils ne peuvent rien faire. Ça, il faut qu'on se dise la vérité », lance-t-il.

Combien d'artistes tchadiens vivent réellement de leur art ? Existe-t-il des débouchés pour les peintres, les sculpteurs et les créateurs, au-delà de la musique ? Ont-ils les moyens de financer leur communication ou d'organiser des tournées nationales ?

Autant de questions qui, selon lui, freinent la professionnalisation du secteur. La création seule ne suffit pas : il faut des circuits de diffusion, des acheteurs, des financements et de véritables opportunités économiques.

Dans ce chantier, les médias ont également un rôle à jouer, estime-t-il. Il ne s'agit pas seulement d'annoncer les événements, mais de faire connaître les artistes, de rendre leurs œuvres accessibles et de susciter l'intérêt du public. La formation des journalistes culturels fait d'ailleurs partie des pistes de réflexion engagées autour du projet.

À Bakara, « Au nom de l'art » se positionne ainsi comme un laboratoire : sensibiliser la jeunesse, former les futurs publics et poser les bases d'une économie culturelle pérenne au Tchad.