Dengue et paludisme à N'Djamena : quand l'insalubrité menace la santé publique
À N'Djamena, l'insalubrité chronique et le mauvais entretien des réseaux d'assainissement favorisent la prolifération des moustiques, aggravant la menace de la dengue et du paludisme.
Par Temandang Gontran
Alors que la dengue et le paludisme continuent de peser lourdement sur la sécurité sanitaire à N'Djamena, l'état de l'environnement dans plusieurs quartiers de la capitale suscite de vives inquiétudes. L'insalubrité chronique et le mauvais entretien des infrastructures d'assainissement favorisent directement la prolifération des moustiques, principaux vecteurs de ces deux pathologies.
Dans de nombreuses zones, les caniveaux sont à ciel ouvert et, pour certains, totalement obstrués par des déchets plastiques, des bouteilles, des cartons et des plantes aquatiques. Incapables d'évacuer correctement les flux, ces canaux se transforment en foyers d'eaux stagnantes, constituant un terrain de reproduction idéal pour les moustiques.
Le constat demeure tout aussi alarmant dans plusieurs secteurs populaires, notamment dans les 7e et 9e arrondissements. L'absence de dalles de couverture sur certaines latrines, l'exposition des fosses septiques et l'écoulement des eaux usées à même les voies de circulation illustrent la précarité des infrastructures sanitaires locales.
À l'échelle nationale, l'accès à un environnement assaini reste un défi titanesque. Selon les données de l'OMS et de l'UNICEF, près de 63 % de la population tchadienne pratique encore la défécation à l'air libre, faute d'installations adéquates. Cette situation alimente durablement l'insalubrité et accélère la propagation de maladies telles que le paludisme, la dengue et les infections diarrhéiques.
À ces facteurs s'ajoutent certains points d'eau essentiels, tels que les bornes-fontaines, les stations de lavage ou les sites de fabrication de glace. Souvent inondés ou mal drainés, ces espaces se muent également en gîtes larvaires lorsqu'ils manquent d'entretien régulier.
Face à cette recrudescence épidémique, les spécialistes de la santé publique rappellent qu'une remise à niveau de l'assainissement constitue un impératif absolu. Au-delà des campagnes de traitement chimique et de sensibilisation, une gestion rigoureuse des déchets, le curage systématique des caniveaux et l'éradication des eaux stagnantes s'avèrent indispensables.
Dans ce contexte, endiguer l'insalubrité s'impose comme un défi incontournable pour prévenir les maladies à transmission vectorielle et protéger durablement les habitants de la capitale.