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# Détérioration des biens publics à N'Djamena : entre incivisme et urgence d'une prise de conscience
- URL: https://www.alwihdainfo.com/deterioration-des-biens-publics-a-ndjamena-entre-incivisme-et-urgence-dune-prise-de-conscience-3/
- Published: 2026-08-30T12:24:46.000Z
- Updated: 2026-08-30T12:24:46.000Z
- Description: À N'Djamena, la dégradation et le détournement des infrastructures publiques soulèvent de vives inquiétudes quant à l'incivisme d'une partie de la population et appellent à des mesures fermes.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Temandang Gontran**

Manque de prise de conscience : faut-il instaurer une éducation de la population ou s'agit-il d'actes délibérés ? Il est difficile de comprendre les comportements de certains individus qui utilisent les biens publics à des fins personnelles. À titre d'exemple, des dalettes servant à couvrir les caniveaux se retrouvent détournées pour aménager les ruelles des quartiers, utilisées comme accessoires ou concassées pour fabriquer du gravier. L'ensemble de ces agissements observés dans la capitale tchadienne pose un sérieux problème quant à la mentalité populaire.

Est-ce en raison du faible taux d'instruction ? Selon l'UNESCO, le taux d'alphabétisation des adultes de 15 ans et plus au Tchad est estimé à environ 27 %, avec 35 % à 45 % pour les hommes et seulement 18 % à 19 % pour les femmes. Au-delà de ces chiffres, beaucoup reste à faire sur le plan de la scolarité des enfants. Au regard de ces statistiques, le chantier éducatif demeure immense.

Paradoxalement, une partie de la population qui se lamente en cas d'inondation ne prend pas soin de protéger les caniveaux et y déverse des ordures, un comportement observable matin et soir chez les riverains. Il suffit d'être attentif pour voir une femme ou une jeune fille sortir ses ordures ménagères pour les jeter dans le caniveau, le tout sous le regard de passants qui n'osent même pas recadrer ces actes nuisibles au bien commun. Les caniveaux sont conçus pour protéger la ville ; qui d'autre que la population devrait en prendre soin ? Cela ne s'arrête pas là : même les murs des établissements d'enseignement public ne sont plus épargnés par les dégradations des jeunes. Souvent troués ou abîmés, ces lieux de formation destinés à tous subissent l'arrachage de leurs portes et fenêtres. Comment un pays peut-il avancer avec de telles mentalités ?

Dans certains secteurs, à l'instar du 7e arrondissement de N'Djamena, les dalettes de plusieurs intersections ont disparu, rendant la circulation des engins difficile et provoquant des accidents ou des chutes de véhicules dans les canaux. Il est urgent de mettre sur pied un comité de surveillance visant à sanctionner tout individu qui se livre au sabotage des infrastructures publiques. Les chefs de carré devraient également prendre leurs responsabilités pour mettre fin au désordre dans les quartiers, tandis que le gouvernement est appelé à sévir contre les auteurs de ces actes. Chaque citoyen doit s'interroger sur ses propres agissements pour éradiquer ces comportements indignes et comprendre que la protection des biens publics est l'affaire de tous.