Femmes africaines : de l'inclusion au pouvoir
Président exécutif du Groupe AFFIRME, Pierre-Yves, Alain Elom porte son regard sur le débat « Scènes de Presse » de la CRTV et sur l'action de Mme Danielle Nlaté, présidente-fondatrice du REFAC (Réseau des Femmes Actives d’Afrique Centrale).
Le plateau de « Scènes de Presse », sur la chaîne nationale CRTV (Cameroun), a été dimanche dernier le théâtre d'un débat d'une rare intensité. En toute décomplexion, des femmes venues d'horizons divers y ont exprimé, sans détour, la réalité de leur condition face aux défis persistants de l'inclusion socio-économique et financière, et de l'autonomisation dans l'entrepreneuriat. Le constat qu'elles dressent est sans appel : l'accès au foncier demeure un parcours d'obstacles, et les faveurs familiales, conjugales, communautaires ou régionales, lorsqu'elles existent, continuent trop souvent d'échapper aux femmes qui, pourtant, portent une part croissante du développement local.
Devant ces obstacles, l'heure n'est plus à la plainte, mais à la combativité. Un mouvement de libération des mentalités s'affirme, porté par un véritable esprit de prise de pouvoir. Les femmes ne réclament plus une place que d'autres leur accorderaient par bienveillance ; elles la prennent, convaincues que leur émancipation économique est la condition même du développement de leurs nations.
Cette conviction rejoint une intuition formulée de longue date par l'éminent économiste français Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international : le monde ne vaincra durablement la pauvreté que lorsque les femmes seront pleinement associées aux problématiques du développement de leurs pays respectifs. Ce que le débat du 02 août dernier a mis en lumière, c'est précisément cette bascule : des femmes qui cessent d'attendre et qui, désormais, tirent les sociétés vers le haut.
Mme Danielle Nlaté incarne, à bien des égards, ce sursaut. Figure emblématique dont l'action sonne le glas du défaitisme féminin et de l'exclusion des femmes des instances de décision qui engagent l'avenir des peuples, elle est issue de la société civile et préside, depuis 2005, le Réseau des Femmes Actives d'Afrique Centrale (REFAC), qu'elle a fondé.
Visionnaire et inlassable, elle a su surmonter les barrières physiques, psychologiques, culturelles et financières pour faire de la Foire Transfrontalière Annuelle d'Afrique Centrale (FOTRAC), bien plus qu'un événement économique : un instrument de dissuasion contre le pessimisme féminin, une arme de persuasion démontrant la qualité du leadership des femmes, et la preuve tangible de la modernité de leur action.
Ces « premières de cordée » sont devenues, sur le terrain, de véritables locomotives du développement local, de l'accélération de l'intégration sous-régionale et de la promotion d'une zone de libre-échange continentale effective. Il faut désormais s'y résoudre : rien n'arrêtera ce train en marche. Les femmes ont pris conscience de leur force et de leur pouvoir dans la marche du continent ; elles n'attendent plus rien des hommes, elles les entraînent, au contraire, vers le haut.
En effet, le président du Groupe AFFIRME, association des jeunes hommes et femmes d'affaires en relations commerciales avec le monde extérieur, s'associe pleinement à cette perspective heureuse : voir l'Afrique dépasser ses conflits et ses divergences pour unir ses efforts, et gagner le pari d'un développement durable et inclusif, au bénéfice de toutes les générations qui composent le tissu anthropologique et sociologique commun.
