Financement vert : le Cameroun décroche une première historique en Afrique centrale avec le projet RACINE
Le Fonds Vert pour le Climat a approuvé le projet RACINE porté par le Cameroun. Une première historique en Afrique centrale pour transformer durablement les filières cacao et café.
La proposition de financement du ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (MINEPAT), baptisée « Resilient Agriculture for Climate, Investment, Nature and Equity – RACINE », a été approuvée le 27 octobre 2026 par le Conseil d’administration du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Réuni en sa 46e session à Songdo, en République de Corée, le Conseil a entériné RACINE, qui constitue le seul projet national dont l’entité accréditée est une institution camerounaise.
Cette approbation marque une première historique en Afrique centrale : le Cameroun devient le premier pays de la région à mobiliser un tel volume de financement vert auprès du FVC.
Transformer les filières cacao et café
Pour rappel, RACINE vise à transformer les filières cacao et café du Cameroun en chaînes de valeur plus productives, résilientes face au changement climatique, traçables et sans déforestation. Le projet combine l’intensification durable de la production, la transition agroécologique, le développement de centres de traitement post-récolte, l’aménagement du territoire et la mise en place d’incitations financières gérées par le Fonds de développement des filières cacao et café (FODECC).
À terme, l'initiative devrait porter la production nationale de cacao d’environ 306 000 tonnes à 600 000 tonnes, soit un quasi-doublement. Elle ambitionne également d’augmenter progressivement les rendements du cacao de 350 à 750 kg/ha et ceux du café de 220 à 600 kg/ha, tout en réduisant les pertes post-récolte de 18 % à 4 %.
Une architecture financière
La proposition de financement est structurée de la manière suivante :
- 87 millions d'euros du FVC (dont 78,30 millions en prêt concessionnel et 8,70 millions en don non remboursable) ;
- 40,4 millions d'euros de l'Initiative pour les forêts d'Afrique centrale (CAFI) sous forme de don lié au développement durable (paiements basés sur les résultats) ;
- 88,50 millions d'euros de ressources nationales tirées de la redevance sur les exportations cacao-café, affectées au FODECC par le ministère du Commerce.
RACINE implique le MINEPAT comme entité accréditée (EA) et le FODECC comme entité exécutante (EE). À cet effet, le MINEPAT a démontré des capacités fiduciaires, de sauvegardes environnementales et sociales, ainsi que de genre conformes aux exigences du FVC. Fait rare, l’accréditation du ministère et le financement du projet ont été accordés dans une seule et même décision, au titre de l’approche d’évaluation propre au projet (PSAA), sans qu’aucune condition particulière n’ait été relevée au Conseil, ni par le Secrétariat du Fonds, ni par son panel technique indépendant.
Une réponse souveraine face au défi climatique
RACINE consacre ainsi une conviction : le Cameroun sait bâtir, par ses propres institutions, des réponses à la hauteur de l’enjeu climatique. Les producteurs de cacao et de café en seront les premiers bénéficiaires, et les forêts les premières gagnantes. Ce succès, fruit de l’action d’un ministère et d’un pays tout entier, engage désormais les acteurs à la même exigence dans sa mise en œuvre, au service des populations.
Le Cameroun ne s’est pas présenté à Songdo pour solliciter une simple aide : il y est allé pour proposer au FVC de démultiplier un mécanisme qu’il finance et fait fonctionner lui-même. C’est ce choix, inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) et dans la Lettre d’intention Cameroun-CAFI 2025-2035, qui a conféré au dossier toute sa force.
Enfin, le MINEPAT a tenu à exprimer sa gratitude au Conseil, au Secrétariat et au panel technique indépendant du Fonds Vert pour le Climat, au Secrétariat de CAFI et à ses contributeurs, à l’Autorité nationale désignée auprès du FVC (MINEPDED), au FODECC, à la Caisse Autonome d’Amortissement et aux administrations sectorielles, ainsi qu’à l’ensemble des équipes nationales et des experts ayant porté ce dossier.
