Grossesse d'une adolescente de 14 ans au Tchad : le prévenu remis en liberté

Le tribunal de N'Djamena a libéré un jeune homme accusé de détournement de mineure, suivant les réquisitions du Ministère public, pour préserver l'intérêt de la mère et de l'enfant à naître.

Partager
Grossesse d'une adolescente de 14 ans au Tchad : le prévenu remis en liberté

Par Temandang Gontran

Le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a rendu son délibéré ce lundi 13 juillet 2026 dans une affaire de détournement de mineure. Le prévenu, âgé de 19 ans, était poursuivi pour avoir entretenu des relations sexuelles avec une adolescente de 14 ans, ayant abouti à une grossesse.

À la barre, le prévenu a reconnu sans détour les faits qui lui sont reprochés. Il a précisé avoir tenté, en vain, une résolution amiable du litige avec la famille de la victime, laquelle a opposé une fin de non-recevoir à toute médiation.

La famille souligne que leur fille est mineure et réclame une somme de 5 millions pour dommages et intérêts.

Qualification pénale et réquisitions du Ministère public

Le représentant du Ministère public a qualifié les faits de détournement de mineure, infraction prévue et réprimée par l'article 360 du Code pénal tchadien, qui sanctionne sévèrement tout acte sexuel sur mineur.

Cependant, dans une démarche pragmatique visant à préserver l'intérêt supérieur de l'enfant à naître et de la mère, le Procureur a sollicité la clémence du tribunal. Tout en reconnaissant la constitution de l'infraction, il a estimé qu'une peine privative de liberté entraverait la prise en charge matérielle et morale nécessaire à la jeune mère et au futur nourrisson. Il a ainsi requis la relaxe du prévenu afin de lui permettre d'assumer ses responsabilités familiales.

Plaidoirie et décision du tribunal

La défense du mis en cause a, pour sa part, plaidé la responsabilité du prévenu tout en apportant des éléments rassurants sur l'état de santé de la victime. Selon les conclusions de l'expertise médicale produite au dossier, la grossesse ne présente aucune complication majeure, écartant ainsi les craintes liées à l'immaturité physiologique de la jeune mère.

Statuant sur le siège, le tribunal a suivi les réquisitions du Ministère public. Le jeune homme a été remis en liberté, une décision permettant au prévenu de rejoindre sa compagne pour assurer, tel qu'il s'y est engagé, son suivi médical et leur avenir commun.