Infrastructures à N'Djamena : le fossé béant entre le centre-ville et les périphéries
À Ndjamena, les axes routiers des quartiers périphériques se dégradent et s'ensablent, suscitant l'indignation des usagers qui déplorants un traitement de faveur accordé au centre-ville.
Par Temandang Gontran
Le constat est amer pour les usagers qui empruntent quotidiennement les artères des arrondissements de la capitale tchadienne. Partout, la réalité est la même : le bitume bat en retraite, étouffé par des amassements de terre charriée par les vents ou les eaux de ruissellement, transformant de grands axes en pistes difficilement praticables. Malgré les efforts du gouvernement, les attentes restent immenses pour soulager la population.
Illustration poignante de cette déliquescence, le tronçon reliant le rond-point de Dembé à celui du 10 Octobre, ou encore l'axe côtoyant le canal baptisé Chari-Mongo. Sur ces voies à forte densité humaine et économique, le bitume a cédé sa place à des cratères béants et à des couches de poussière ou de boue selon les saisons. Les quelques chantiers de réhabilitation timidement amorcés ici et là ressemblent aujourd'hui à des chantiers fantômes à l'arrêt, laissant les riverains dans un désarroi total.
Deux poids, deux mesures : le privilège du centre-ville
Pendant que les habitants des arrondissements luttent au quotidien pour slalomer entre boue, sable et crevasses, le centre-ville bénéficie d’un traitement de faveur incontestable. Rues entretenues, bitume impeccable, signalisation et curage régulier : l'hypercentre semble vivre dans une bulle de privilégiés, loin des réalités vécues dans les zones périphériques.
Cette politique d'aménagement à géométrie variable nourrit un sentiment d'abandon chez les contribuables des quartiers périphériques. « Nous payons nos taxes et impôts au même titre que ceux qui résident au centre-ville, mais nos routes sont reléguées au rang de dernier souci », s'indigne un conducteur de taxi-moto croisé sur l'axe Dembé.
En attendant qu'une solution pérenne soit trouvée, les habitants de ces zones doivent continuer à prendre leur mal en patience.