Intelligence artificielle et santé publique au Tchad : les enjeux d'une transition nécessaire
Réunis à N’Djamena le 31 octobre 2026, des experts ont débattu des opportunités, des risques et du cadre éthique liés à l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé au Tchad.
Par Issa Mahamat Saleh Aouda
À l'heure où l'intelligence artificielle (IA) transforme profondément le secteur de la santé — diagnostic assisté, gestion des données médicales, télémédecine —, une conférence était organisée sous le thème : « Le bon usage de l'intelligence artificielle en santé ». Cet événement s'est tenu ce samedi 31 octobre 2026 à N’Djamena, dans la salle de conférence d’un centre privé de la place. Il a réuni des experts, des praticiens et des spécialistes du numérique qui ont échangé sur les opportunités, les risques et les bonnes pratiques liés à l'usage de l'IA dans le domaine sanitaire.
Peu avant l'ouverture, le directeur général du centre, le Dr Ali Brahim Hassan, a prononcé un mot de bienvenue, remerciant ses partenaires — parmi lesquels le ministère de la Santé publique, l’ADETIC et SOTEL-TCHAD — pour leur accompagnement constant. « Il faut être intelligent pour utiliser l’intelligence artificielle », a souligné le Dr Ali Brahim Hassan, annonçant que cette conférence n’est qu’un début et que d’autres événements et formations seront organisés au profit des étudiants et des professionnels.
Hangatta Hassan Hangatta, le modérateur, a ouvert les débats en posant la question : « À qui confions-nous la responsabilité aujourd’hui ? », avant de présenter les conférenciers et leurs parcours. Il a rappelé les applications actuelles de l’IA avant d'introduire le fond du sujet.
Censerbé Bournenbé Magao, spécialiste en intelligence artificielle, a présenté l’IA et ses applications possibles dans le secteur de la santé. Interrogeant l'auditoire — « Qui entre nous n’a jamais utilisé l’intelligence artificielle ? » —, il a décrit l’homme comme une intelligence naturelle dotée de pensées, surpassant de loin la machine. Selon lui, l’IA n’atteint pas « le centième de l’intelligence humaine ». Rappelant que l'essor mondial de l'IA a pris de l'ampleur à partir de novembre 2022, il a insisté sur son rôle d'assistance : l’IA est conçue pour aider l’homme et non pour remplacer ses capacités.
Nassir Idriss Adam, coordonnateur du programme national de la santé publique, a souligné que l’IA est aujourd’hui utilisée dans tous les secteurs, et particulièrement dans la santé. Il a rappelé l’objectif de la conférence, à savoir informer, éduquer et orienter sur l’importance de l’outil dans le domaine médical au niveau national. Il a exhorté les participants à respecter la protection des données, la sauvegarde, ainsi que les cadres juridique et éthique.
Répondant à une question du public, Nassir Idriss Adam a affirmé que les plus hautes autorités tchadiennes œuvrent à réduire les inégalités d’accès à la santé à travers le pays, afin qu'aucune localité ne manque de soins et de spécialistes. De nombreux participants ont ensuite posé des questions, auxquelles les panélistes ont répondu.
Avant de clôturer la conférence, le modérateur a accordé la parole aux partenaires du centre pour exprimer leurs impressions sur le thème abordé.