La mort dévoilée : une exploration géographique en trois volumes

Le Professeur René Joly Assako Assako annonce la parution de trois volumes explorant la mort sous divers angles géographiques et scientifiques, issus d'un colloque international tenu à Yaoundé en 2024.

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La mort dévoilée : une exploration géographique en trois volumes

En sa qualité de président fondateur de la Société Africaine de Géographie (SAG) et d'éditeur scientifique, le Professeur René Joly Assako Assako annonce la parution, aux Éditions Du Ngoun, des trois volumes des Actes du colloque international « La mort : écriture plurielle d'une géographie de la vie », tenu à l'École Normale Supérieure de l'Université de Yaoundé 1, au Cameroun, du 13 au 15 novembre 2024.

La Société Camerounaise de Géographie (SCG), créée en 2022 et devenue Société Africaine de Géographie (SAG) en 2025, est une société savante des sciences géographiques de droit camerounais. À la suite de l'appel à communications lancé en avril 2023, elle a organisé son deuxième colloque international sur le thème « La mort : écriture plurielle d'une géographie de la vie ». Cet événement scientifique de haut niveau s'est tenu à Yaoundé, à l'École Normale Supérieure de l'Université de Yaoundé I, du 13 au 15 novembre 2024. Le premier colloque international de cette société savante s'était tenu dans les mêmes locaux, en novembre 2022, sur la thématique de la refondation de la géographie au Cameroun et en Afrique.

Le colloque international sur la mort a accueilli un total de 173 communications sur les 200 attendues, dont une trentaine présentée en ligne. Les participants venaient de divers pays, notamment du Tchad, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Gabon, du Congo, de la République Démocratique du Congo, de la France, du Canada et du Cameroun. Les débats ont été animés, intenses, spécialisés et transdisciplinaires, mêlant chercheurs seniors et juniors.

Pour analyser le phénomène complexe et polysémique de la mort, six axes thématiques ont été identifiés, un septième étant réservé aux hommages en mémoire et en l'honneur des collègues disparus. Les axes incluent : 1) La mort : géographie d'un phénomène transcendant ; 2) Socio-anthropologie de la mort ; 3) Les sciences biomédicales et la mort ; 4) L'économie de la mort ; 5) Le droit et la mort ; 6) La mort dans le temps : une question d'histoire(s) ; 7) Les aspects mémoriels de la mort.

Cette réflexion a été compartimentée en trois volumes totalisant 1 206 pages, chacun apportant un éclairage de pointe sur la question.

Le Volume I est consacré à la territorialité et à l'économie du phénomène transcendant qu'est la mort. Les articles abordent des sujets divers tels que les territoires de la mort, les conflits fonciers, le destin post-mortem des migrants africains, les vécus géographiques de la mort dans certains pays africains, les nécropoles, les funérailles et autres rites, ainsi que la marchandisation de la mort.

Le Volume II présente les réflexions autour du phénomène de la mort dans la perspective des sciences humaines et sociales. Les philosophes explorent des thématiques complexes comme le cycle de l'âme après la mort dans la religion négro-africaine, l'ancestralité chez les Ekang, la métapsychique et la métaphysique, et les rituels sur les crânes des ancêtres. La sociologie et l'anthropologie examinent des sujets tels que la représentation des ancêtres, la perception du vivant chez les morts, l'analyse axiologique de l'art mortuaire, et la frontière du visible et de l'invisible dans les sociétés traditionnelles négro-africaines.

L'histoire évalue les représentations et pratiques de la mort, depuis les anciens négro-égyptiens jusqu'à nos jours. La littérature met en scène la mort à travers des auteurs célèbres comme Ahmadou Kourouma, Duny Fongang ou Jean-Marc Ligny, participant à la déconstruction de la mort ou à la compréhension de l'idéologie funéraire.

Le Volume III examine les questions juridictionnelles et bioéthiques de la mort, avec des débats sur la fin de vie, la thanatologie, le projet trans/posthumaniste et les sciences biomédicales. Une nouvelle géo-philosophie de la science sur la mort émerge, avec une prospective transhumaniste de l'immortalité.

L'emphase sur les questions juridictionnelles est notable, le droit abordant la mort comme objet d'analyse, de contentieux et de régulation sociale. La mort devient l'interface de l'universalité de la célébration de la vie, de la paix et de la coopération entre les nations.

Le Volume III est aussi l'occasion de rendre hommage aux enseignants et chercheurs disparus qui continuent d'influencer nos pensées. Des hommages sont rendus à des figures telles que les Professeurs Maurice Tsalefac, Daniel Dicken’s PRISO, Michel Tchotsoua, Ngaressem Goltob Mbaye, Samson Ango Mengue, Hubert Mono Ndjana, et Jean Louis Dongmo.

Ces esprits rejoignent le panthéon de la reconnaissance des générations d'apprenants, illustrant la relativité du temps, comme l'avait exprimé Albert Einstein dans une lettre de condoléances à la famille de son ami Michel Besso.

René Joly Assako Assako, professeur titulaire hors-échelle.
René Joly Assako Assako, professeur titulaire hors-échelle.