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L'Algérie amorce un tournant stratégique et diplomatique dans l'espace sahélien

Face aux crises sahéliennes et soudanaises, l'Algérie semble abandonner sa stricte neutralité historique pour une diplomatie d'influence plus active, entre déploiement militaire discret et médiations régionales.

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L'Algérie amorce un tournant stratégique et diplomatique dans l'espace sahélien
Abdelmadjid Tebboune, chef de l'État algérien. © Mfa.gov.dz

L'Algérie se dirige-t-elle vers une prise de responsabilité stratégique en Afrique ? C'est ce que suggèrent plusieurs signaux concordants observés ces dernières semaines, en particulier depuis la tentative de coup d'État déjouée dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey, analyse le Centre d'études pour le développement et la prévention de l'extrémisme (CEDPE).

La diplomatie algérienne, longtemps réputée discrète et hostile à toute projection militaire au-delà de ses frontières, semble avoir amorcé une inflexion notable dans sa lecture de l'espace sahélien et soudanais. Premier signal et non des moindres, Alger a dépêché des moyens aériens militaires en soutien à Niamey pendant la crise du 28 au 29 août 2026.

D'après le CEDPE, ce geste rompt avec la doctrine de non-ingérence qui a longtemps caractérisé la politique extérieure algérienne. En 2023 déjà, lors du coup d'État initial contre Mohamed Bazoum, l'Algérie s'était bornée à des mises en garde diplomatiques contre toute intervention militaire de la CEDEAO, sans jamais engager de moyens propres. Le contraste avec la mobilisation aérienne de 2026 est donc significatif : il marque le passage d'une diplomatie de la retenue à une diplomatie de la présence.

Tchad-Niger : une médiation algérienne discrète ?

Le capitaine nigérien Roger Gabriel, dans son témoignage diffusé le 2 septembre 2026 sur la télévision d'État Sahel RTN, a cité nommément le Tchad parmi les acteurs étrangers qui seraient impliqués dans la tentative de déstabilisation. Selon des sources diplomatiques proches du dossier, suivies de près par des chercheurs spécialisés, l'Algérie aurait envoyé un émissaire à N'Djamena. L'objectif n'était pas d'accuser le Tchad, mais de transmettre un message prévenant contre le piège stratégique des grandes puissances étrangères.

Une doctrine cohérente confrontée à ses contradictions

Le fil conducteur de cette nouvelle posture algérienne, au Niger comme au Soudan, repose sur un principe : les crises africaines doivent être résolues par des acteurs africains, sans que les puissances extérieures n'instrumentalisent la fragilité des États. Sur le dossier soudanais, cela se traduit par un refus de prendre parti entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR).

Le rôle régional en construction

Si cette lecture se confirme, l'Algérie ne se contente plus d'observer les nouvelles configurations d'alliances au Sahel : elle cherche à en façonner les contours en misant sur son autorité diplomatique historique. Reste à savoir si cette stratégie d'influence, fondée sur la discrétion, suffira à peser face à d'autres acteurs qui s'engagent de manière beaucoup plus visible.

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