Le corridor Douala–N'Djamena, artère vitale mais fragile du commerce tchadien

Un seul axe routier concentre l'essentiel des approvisionnements d'un pays de 17 millions d'habitants. Le corridor Douala–N'Djamena, que les chiffres du commerce extérieur 2025 mettent en pleine lumière, est à la fois le moteur et le talon d'Achille de l'économie tchadienne.

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Le corridor Douala–N'Djamena, artère vitale mais fragile du commerce tchadien
Le poste-frontalier de Kousseri-N'Djamena. Illustration © Alwihda/Archives

Le Cameroun, second fournisseur malgré lui

Avec 108,4 milliards de FCFA d'importations tchadiennes en 2025, le Cameroun se positionne comme le deuxième fournisseur du Tchad, représentant 10,9 % des importations totales. Mais l'INSEED lui-même le précise dans son rapport : cette importance ne tient pas tant à la production camerounaise qu'au rôle de transit joué par ce pays voisin. Le port de Douala est la porte d'entrée principale des marchandises mondiales vers le Tchad.

En d'autres termes, une part significative de ce que le rapport attribue au Cameroun est en réalité de la marchandise chinoise, européenne ou brésilienne qui a transité par Douala avant de remonter les 1 700 kilomètres de route jusqu'à N'Djamena. Ce corridor constitue la voie royale — et quasi unique — des approvisionnements tchadiens.

1 700 kilomètres de vulnérabilité

La route nationale camerounaise N1, qui relie Douala à la frontière tchadienne via Ngaoundéré et Garoua, traverse des zones géographiquement difficiles, climatiquement hostiles et parfois sécuritairement sensibles. Des tronçons régulièrement défoncés par les pluies tropicales ralentissent considérablement les convois de camions. La traversée peut durer de cinq à quinze jours selon l'état des routes et les contrôles.