Le pétrole tchadien tient encore l'économie, mais pour combien de temps ?
En 2025, les huiles brutes de pétrole représentent 85 % des exportations du Tchad. Pendant ce temps, l'excédent commercial s'effondre de 2 271 à 274 milliards de FCFA en trois ans. Le compte à rebours a commencé.
Une manne qui se tarit
Le rapport annuel de l'INSEED sur le commerce extérieur du Tchad pour l'année 2025 dresse un constat sans ambiguïté : l'économie nationale reste captive de son sous-sol. Les huiles brutes de pétrole concentrent à elles seules 1 080,6 milliards de FCFA d'exportations, soit 85 % du total. Aucun autre produit n'approche de près ou de loin cette performance. Les taureaux non reproducteurs arrivent en deuxième position avec 40,6 milliards de FCFA — vingt-six fois moins.
Ce qui inquiète davantage les économistes, c'est la trajectoire. En 2022, les exportations avaient atteint un sommet à 3 039,5 milliards de FCFA, dopées par la hausse des cours mondiaux du brut dans le sillage de la guerre en Ukraine. Depuis, la courbe ne fait que plonger : 2 502,7 milliards en 2023, 1 460,0 milliards en 2024, 1 271,0 milliards en 2025. En trois ans, le pays a perdu l'équivalent de plus de la moitié de ses recettes d'exportation.
Une balance commerciale sous pression