Le Tchad célèbre le lait local : Un enjeu économique et alimentaire
Le Tchad célèbre la Journée mondiale du lait 2026, soulignant l'importance du lait local pour l'économie et la sécurité alimentaire. Les acteurs du secteur appellent à des actions concrètes pour renforcer la filière.
Par Achta Mahamat
La Journée mondiale du lait a été célébrée sous le thème « Consommons ce que nous produisons et transformons localement ». Cette rencontre a réuni autorités, éleveurs, partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la filière laitière autour des enjeux liés à la production, à la transformation et à la consommation du lait local.
Le lait est reconnu comme l’un des aliments les plus complets pour l’être humain. Riche en protéines, en calcium et en vitamines essentielles, il contribue à la croissance des enfants, au renforcement des os et à une alimentation équilibrée. Au-delà de ses qualités nutritionnelles, la filière laitière constitue une importante source de revenus pour des milliers de ménages vivant de l’élevage. Dans un pays à vocation pastorale comme le Tchad, la valorisation du lait local représente un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et le développement économique.
Prenant la parole au nom du comité d’organisation, Ousmane Oumar a souhaité la plus chaleureuse bienvenue aux participants à cet événement majeur. Selon lui, la forte mobilisation témoigne de l’intérêt porté à « l’or blanc » du terroir tchadien ainsi qu’à l’avenir de l’économie agropastorale. Il a rappelé que cette journée, instituée par la FAO, constitue une vitrine mondiale destinée à célébrer les bienfaits du lait. Au Tchad, pays d’élevage par excellence, cette célébration revêt une importance particulière. Elle ne se limite pas à la promotion d’un aliment, mais met également en lumière l’identité, le courage et le savoir-faire de millions d’hommes et de femmes qui, du Sahel aux savanes, font vivre le secteur pastoral.
Évoquant le thème de cette édition, « Consommons ce que nous produisons et transformons localement », il a souligné qu’il interpelle directement tous les acteurs du secteur. Ce thème rappelle que le lait constitue un pilier essentiel de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de la réduction de la pauvreté ainsi que de la résilience des communautés face aux défis climatiques et économiques.
Pour Ousmane Oumar, la Journée mondiale du lait ne doit pas se résumer à une succession de discours. Elle doit plutôt marquer le point de départ d’actions concrètes visant notamment le renforcement des mini-laiteries, la sécurisation des filières de collecte, l’appui aux producteurs et transformateurs, ainsi que la promotion de la consommation du lait local auprès des populations.
« Consommer le lait tchadien, c’est soutenir nos éleveurs, créer des emplois pour nos jeunes et garantir une alimentation de qualité à nos enfants », a-t-il déclaré.
En conclusion, il a exprimé sa profonde gratitude au ministre de l’Élevage et des Productions animales, Ahmat Abderahim, ainsi qu’à l’ensemble de ses collaborateurs pour leur accompagnement constant et leur vision stratégique en faveur des chaînes de valeur lait. Il a également remercié les partenaires techniques et financiers, en particulier le Projet régional d’Appui au Pastoralisme et à la Commercialisation du Bétail (PASCO), avant de saluer l’engagement des organisations professionnelles d’éleveurs et de pasteurs, du secteur privé et des ONG qui œuvrent quotidiennement au développement de la filière.
De son côté, le ministre de l’Élevage et des Productions animales, Ahmat Abderahim, a réaffirmé l’engagement du gouvernement tchadien, en parfaite synergie avec les partenaires techniques et financiers ainsi qu’avec les organisations socioprofessionnelles d’éleveurs, à restructurer durablement la filière laitière.
Il a indiqué que les priorités du gouvernement portent sur l’amélioration de la productivité grâce à une meilleure couverture sanitaire du cheptel et à l’accès à une alimentation animale de qualité, y compris en période de soudure. Elles concernent également la valorisation du potentiel local à travers la création de centres de collecte de proximité et de mini-laiteries modernes, ainsi que la sécurisation des systèmes pastoraux par l’application des textes réglementaires garantissant la mobilité du bétail et l’accès durable aux ressources naturelles.
Le ministre a souligné que le développement de la filière laitière constitue un enjeu majeur pour l’économie nationale et pour l’amélioration des conditions de vie des éleveurs. Selon lui, les efforts entrepris visent à réduire la dépendance aux importations de produits laitiers tout en renforçant la compétitivité de la production locale.
Enfin, il a salué l’engagement des organisations professionnelles des éleveurs et des pasteurs, du secteur privé ainsi que des organisations de la société civile. Selon lui, leur contribution est indispensable pour transformer l’élevage traditionnel en une véritable chaîne de valeur compétitive, capable de répondre aux ambitions de développement du pays. La célébration de cette Journée mondiale du lait a ainsi permis de réaffirmer la volonté des différents acteurs de promouvoir la consommation du lait local et de faire de la filière laitière un moteur de croissance économique et de sécurité alimentaire au Tchad.