Le Tchad exige une révision de l'évaluation budgétaire 2025 à l’IBP

Le Tchad demande une révision de l'évaluation budgétaire 2025, affirmant que plusieurs documents et réformes n'ont pas été pris en compte. Le ministère des Finances sollicite une révision méthodologique avant la publication finale.

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Le Tchad exige une révision de l'évaluation budgétaire 2025 à l’IBP

Par Katchibé Mapagne

Le ministère tchadien des Finances demande un réexamen des résultats provisoires de la Revue sur le Budget Ouvert (Open Budget Survey) 2025. Dans une lettre officielle adressée le 7 juillet 2026 à l'International Budget Partnership (IBP), les autorités affirment que plusieurs documents budgétaires et réformes engagées par le Tchad n'ont pas été correctement pris en compte dans l'évaluation. Elles demandent la révision de plusieurs aspects méthodologiques avant la publication du rapport définitif.

La Direction générale du Budget et de l'Informatisation (DGBI) rappelle que le Tchad poursuit depuis plusieurs années un processus de renforcement de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance des finances publiques, notamment à travers la Loi n°018/PR/2016 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.

La Direction met en avant plusieurs avancées, parmi lesquelles la publication gratuite des principaux documents budgétaires sur les portails institutionnels, le déploiement du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP), l'ouverture des données relatives au secteur extractif, ainsi que le rattrapage, en 2024, des lois de règlement couvrant les exercices 2014 à 2022.

Elle souligne également que les notations souveraines attribuées au Tchad en 2024 par Fitch Ratings et S&P Global Ratings, assorties d'une perspective stable, témoignent du renforcement de la crédibilité financière du pays, sans pour autant se substituer à l'évaluation spécifique menée par l'IBP.

Le ministère estime que le Budget citoyen 2025 n'a pas été suffisamment pris en compte dans l'évaluation, bien qu'il ait été publié sur le portail de l'Observatoire tchadien des finances publiques et signalé par un relecteur pair de l'IBP.

La DGBI fait valoir que ce document a bénéficié d'une large stratégie de diffusion comprenant des versions audio en plusieurs langues nationales, des caravanes de sensibilisation dans les provinces, des capsules vidéo ainsi que des publications sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp, Facebook et TikTok.

Les autorités contestent également l'appréciation portée sur les rapports d'exécution budgétaire. Selon la DGBI, plusieurs documents considérés comme absents dans l'évaluation sont régulièrement produits et mis à la disposition du public.

Elle cite notamment les rapports trimestriels d'exécution budgétaire, qui rempliraient les fonctions d'un rapport de mi-exercice, même s'ils ne portent pas officiellement l'intitulé de Mid-Year Review. La lettre indique par ailleurs que le relecteur pair de l'IBP aurait reconnu l'existence de ces rapports en ligne.

Le ministère demande également que soit pris en compte le Rapport définitif sur l'exécution de la loi de finances 2023, établi par la Cour des comptes et publié sur le site officiel de cette institution.

La DGBI considère que la qualification du Projet de loi de finances 2025 comme document « non accessible au public » a eu des répercussions importantes sur l'évaluation, entraînant automatiquement des réponses négatives à plus d'une trentaine de questions de l'Open Budget Survey.

Selon le ministère, ce projet de loi a été élaboré, transmis au Parlement et adopté conformément aux dispositions constitutionnelles et légales en vigueur. Il comporte notamment les hypothèses macroéconomiques, les prévisions de recettes, les autorisations de dépenses, les classifications administratives et économiques ainsi que les principaux équilibres budgétaires.

La Direction conteste également l'exclusion de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2024-2026, estimant que ce document officiel répond aux exigences méthodologiques de l'enquête et apporte des informations essentielles sur la politique d'endettement de l'État.

Au terme de sa correspondance, la DGBI sollicite officiellement de l'International Budget Partnership la révision des réponses liées au Projet de loi de finances 2025, la prise en compte des rapports trimestriels d'exécution budgétaire, du rapport de la Cour des comptes sur l'exécution de la loi de finances 2023, de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2024-2026 et du Budget citoyen 2025. Elle demande également que les observations formulées par les relecteurs pairs soient pleinement intégrées et qu'une réunion technique soit organisée avant la publication du rapport final afin d'examiner les pièces justificatives.

Tout en réaffirmant son attachement aux objectifs de l'Open Budget Survey, le ministère des Finances estime que la crédibilité de cette évaluation repose sur une appréciation « complète, cohérente et équitable » des informations effectivement disponibles. Il invite ainsi l'International Budget Partnership à réexaminer les points soulevés avant la validation définitive de la Revue sur le Budget Ouvert 2025.