Le Tchad vend à l'Europe, achète à l'Asie : le grand rééquilibrage des partenaires

En 2025, les données douanières tchadiennes révèlent une géographie commerciale paradoxale : le pays exporte massivement vers l'Europe et le Moyen-Orient, mais s'approvisionne principalement en Asie. Deux mondes qui ne se croisent presque pas.

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Le Tchad vend à l'Europe, achète à l'Asie : le grand rééquilibrage des partenaires

Il y a quelque chose de vertigineux dans la carte commerciale du Tchad en 2025. D'un côté, les acheteurs : les Émirats arabes unis (26,2 % des exports), la Malaisie (23,4 %), l'Allemagne (22 %), les Pays-Bas (10,6 %). De l'autre, les fournisseurs : la Chine (30,7 %), le Cameroun (10,9 %), la Libye (8,6 %), les États-Unis (5,3 %), la France (5,1 %). Deux listes qui ne se ressemblent pas. Deux géographies qui s'ignorent presque.

Ce paradoxe n'est qu'apparent. Il s'explique par la nature même de ce que le Tchad exporte et importe. Les exports tchadiens sont quasi exclusivement du pétrole brut — une matière première que les raffineries européennes et asiatiques achètent, transforment, redistribuent. Les imports, eux, sont des produits manufacturés, des denrées alimentaires transformées, des équipements — exactement ce que la Chine produit en masse et à bas coût.

Deux flux qui ne se croisent pas

L'Allemagne absorbe 279,9 milliards de FCFA d'exportations tchadiennes, soit 22 % du total. Mais elle n'apparaît pas dans le top 10 des fournisseurs du Tchad. Les Pays-Bas achètent 134,7 milliards de FCFA (10,6 %), mais n'exportent vers N'Djamena qu'une fraction marginale de marchandises. La Malaisie, deuxième client du Tchad avec 297,8 milliards, n'est pas non plus un fournisseur significatif.

En sens inverse, la Chine domine les importations avec 306,5 milliards de FCFA (30,7 %), mais ne représente que 7 % des exportations tchadiennes — cinquième rang seulement. Un partenaire commercial majeur dans un seul sens.