Libye : Washington presse les dirigeants de finaliser la transition et menace de sanctions
Les États-Unis ont exhorté les responsables libyens à accélérer la transition vers des élections, brandissant la menace de sanctions du Conseil de sécurité contre les obstacles potentiels.
Les États-Unis ont exhorté, mercredi 14 octobre 2026, les responsables libyens à accélérer la mise en œuvre du processus politique devant conduire à des élections nationales, tout en avertissant que les personnes ou entités qui chercheraient à entraver cette transition pourraient faire l’objet de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies.
S’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Libye, l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante alternative des États-Unis pour les affaires politiques spéciales, a salué l’accord conclu le 30 août à Tripoli, sous la facilitation de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL). Selon Washington, cet accord doit permettre l’organisation d’élections nationales sous l’autorité d’un exécutif unifié.
La diplomate américaine a souligné que les États-Unis poursuivent parallèlement leurs efforts diplomatiques afin de soutenir les initiatives libyennes visant à réduire les divisions politiques et à unifier les institutions politiques, économiques et militaires du pays.
Elle a cité parmi les avancées récentes l’adoption du premier budget national unifié de la Libye depuis treize ans, ainsi que les exercices conjoints « Flintlock 2026 », qui ont réuni des forces de l’est et de l’ouest du pays sous la direction du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM).
Washington estime que ses efforts sont complémentaires à la feuille de route de la MANUL, avec pour objectif commun la formation d’un exécutif unifié et l’organisation d’élections nationales reflétant la volonté du peuple libyen.
Jennifer Locetta a également appelé les parties libyennes à respecter et à mettre en œuvre l’accord dit « 4+4 ». Elle a salué la désignation d’une nouvelle direction à la Chambre des représentants, le 6 octobre, et encouragé le président Abdulnabi à coopérer avec la MANUL afin de finaliser rapidement les réformes électorales.
En revanche, les États-Unis se sont dits préoccupés par la position du Haut Conseil d’État, accusé par Washington de chercher à perturber le processus électoral en rejetant l’accord 4+4. La représentante américaine a rappelé que le Conseil de sécurité peut sanctionner les personnes ou organisations qui compromettent la transition politique ou la tenue des élections.
Inquiétudes autour des infrastructures énergétiques
Washington a également exprimé sa préoccupation face aux récentes attaques de drones contre des infrastructures énergétiques, qui ont provoqué des coupures d’électricité, des perturbations dans l’approvisionnement en eau ainsi que des manifestations à Tripoli, Zawiya et Misrata. La diplomate américaine a évoqué le blocage, en septembre, de l’oléoduc Sharara-Zawiya. Selon les chiffres cités par les États-Unis, cet incident aurait entraîné près de 95 millions de dollars de pertes de revenus pétroliers pour la Libye.
Les États-Unis appellent ainsi toutes les parties à faire preuve de retenue et à ne pas prendre pour cible les installations énergétiques, estimant qu’elles constituent des infrastructures essentielles pour l’ensemble de la population libyenne. Pour Washington, ces tensions démontrent que la situation actuelle ne peut perdurer et renforcent la nécessité de parvenir rapidement à un exécutif unifié ainsi qu’à un calendrier électoral crédible.
Les États-Unis ont enfin réaffirmé leur soutien au renouvellement du mandat de la MANUL et leur volonté de poursuivre leur coopération avec le Conseil de sécurité afin de soutenir une solution politique durable en Libye.