Litige foncier à N’Djamena : la justice appelle à éviter de se faire justice soi-même
La justice de N'Djamena a été saisie d'un litige foncier entre voisins, impliquant des accusations de destruction de bien. Le tribunal appelle à la retenue et au respect des voies légales.
Par Temandang Gontran
Conflit de voisinage à N'Djamena : la justice appelle à la retenue après une affaire de destruction de bien
N’Djamena, le 9 juillet 2026 – Le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a été saisi ce jour d’un litige foncier opposant deux voisins, sur fond d'accusations de « destruction de bien appartenant à autrui ». Au cœur du différend : la construction d'une toilette, jugée non conforme par le prévenu, mais dont la démolition constitue, selon la partie civile, une infraction pénale.
Une question de distance et d'hygiène
Le litige porte sur l'empiétement supposé d'une fosse septique. Selon le prévenu, l'ouvrage de son voisin aurait été édifié à moins de 20 centimètres de son domicile, représentant, selon ses dires, un risque sanitaire majeur et une source potentielle d’inondation pour sa propre habitation. Le prévenu soutient avoir formulé des mises en garde répétées, restées sans effet, avant de passer à l'acte.
Le conseil de la partie civile a qualifié l'intervention du prévenu et de son frère de « destruction volontaire ». Il a notamment soulevé un élément de moralité troublant : les prévenus auraient agi de nuit, munis de pioches, ce qui, selon l'avocat, démontrerait une volonté manifeste de nuire et caractériserait une intention malveillante, voire des menaces, plutôt qu’une simple mesure conservatoire sanitaire. L'usage de pioches plutôt que d'outils de terrassement classiques comme des pelles renforcerait, selon lui, l'idée d'un acte de vandalisme prémédité.
La procédure et la décision du tribunal
Lors de l'audience, l'avocat de la défense a sollicité la mise en liberté provisoire de ses clients, plaidant l'absence de dangerosité sociale. En réponse, le conseil de la partie civile a demandé au juge de diligenter un transport sur les lieux afin de constater physiquement la réalité de l’ouvrage et des distances litigieuses.
Le juge a finalement ordonné la mise en liberté provisoire des deux prévenus. Toutefois, le magistrat a assorti cette décision d'un rappel à la loi ferme : il a enjoint aux deux frères de ne pas se faire justice eux-mêmes et de recourir exclusivement aux voies de droit et aux instances judiciaires compétentes pour résoudre tout futur litige de voisinage.