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Loi de Finances 2027 : ce que la nouvelle circulaire dit de la nouvelle bataille budgétaire au Tchad

La publication de la Lettre circulaire n°0008/PR/2026 relative à la préparation et à l’élaboration du Projet de loi de finances pour 2027 ouvre officiellement la séquence de construction du prochain budget de l’État.

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Loi de Finances 2027 : ce que la nouvelle circulaire dit de la nouvelle bataille budgétaire au Tchad

La publication de la Lettre circulaire n°0008/PR/2026 relative à la préparation et à l’élaboration du Projet de loi de finances pour 2027 ouvre officiellement la séquence de construction du prochain budget de l’État. L’objectif est de faire progresser l’enveloppe d’investissement public. La question récurrente est de savoir quelles priorités le pouvoir entend-il financer en 2027 et avec quelles ressources ? Car faire un budget, c’est choisir.

Choisir entre une route et un bâtiment administratif. Entre une nouvelle dépense de fonctionnement et un investissement. Entre une subvention, un recrutement ou un projet productif. Entre le financement immédiat d’une politique publique et la préservation des ressources pour les années suivantes. La circulaire présidentielle constitue d’abord un instrument de cadrage. Elle permet au chef de l’État d’orienter les administrations avant même que le projet de budget ne soit finalisé. Les ministères ne construisent donc pas leurs demandes de crédits dans un espace totalement libre : celles-ci doivent s’inscrire dans les orientations générales fixées au sommet de l’État. Le budget 2027 sera ainsi l’un des principaux instruments permettant de traduire les engagements politiques en actions concrètes. La question sera alors de savoir si les priorités annoncées disposeront effectivement des ressources nécessaires à leur réalisation.

La première équation difficile : répondre aux attentes sociales sans dérapage budgétaire. La pression sociale sur les finances publiques est considérable. Les populations attendent davantage de services publics sous forme d’éducation, de santé, d’eau, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures, d’emploi et de protection sociale. Mais les ressources publiques sont limitées. Cette contradiction constitue l'une des principales difficultés de la politique budgétaire du pays. De toute évidence, tous les projets ne peuvent pas être financés au même moment. Les crédits doivent aller en priorité vers les programmes présentant le plus grand impact économique et social.

La question des recettes est tout aussi politique. La forte exposition du Tchad aux revenus pétroliers constitue une vulnérabilité structurelle. Le FMI souligne que les fluctuations des cours du pétrole peuvent provoquer d’importants écarts de recettes et accroître les besoins de financement de l’État. Cela signifie qu'une politique budgétaire durable doit progressivement renforcer les recettes provenant de l'économie non pétrolière. Le développement de l'agriculture, de l'élevage, du commerce, de l'industrie, des services et du secteur privé devient alors une question budgétaire. Plus l'économie se diversifie, plus l'État dispose potentiellement d'une base fiscale diversifiée. Mais augmenter les recettes ne signifie pas seulement demander davantage aux contribuables. Il faut également améliorer la confiance entre l'administration fiscale et les citoyens. Un contribuable acceptera plus facilement de payer lorsqu'il voit que l'impôt contribue effectivement à financer des services publics et des infrastructures.

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Le budget 2027 pourrait ainsi constituer un test de crédibilité pour la politique économique du gouvernement. Cette crédibilité dépendra de plusieurs éléments : réalisme des prévisions de recettes, maîtrise des dépenses, capacité d'exécution des investissements, gestion de la dette et transparence dans l'utilisation des ressources publiques. Le FMI insiste notamment sur la nécessité pour le Tchad de renforcer la gestion des risques budgétaires et de rendre le budget plus résilient aux chocs extérieurs.  Cette question est particulièrement importante dans un environnement marqué par les incertitudes sur les marchés pétroliers et par les risques économiques et sécuritaires régionaux.

La circulaire présidentielle n’est donc pas le budget 2027. Elle constitue le cadre dans lequel celui-ci doit être préparé. Le véritable débat commencera avec la présentation des hypothèses économiques, des prévisions de recettes, des plafonds de dépenses, des priorités sectorielles et des projets d'investissement. Le budget 2027 traduit-il réellement une transformation des priorités publiques ou reproduit-il simplement les équilibres budgétaires des années précédentes ? La réponse ne se trouvera pas dans le montant global affiché sur la couverture du projet de loi de finances. Elle se trouvera dans la composition du budget, dans la qualité des dépenses et surtout dans les résultats obtenus pour les citoyens.


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