Macron : "c’est Deby lui-même qui a demandé à rebâtir une relation de défense avec la France"

Malgré le discours souverainiste interne, N’Djamena a besoin de partenaires fiables en matière de renseignement, formation et équipements. La France reste un acteur historique avec une connaissance fine du terrain.

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Macron : "c’est Deby lui-même qui a demandé à rebâtir une relation de défense avec la France"

Le président français Emmanuel Macron a déclaré, lors d’une interview sur France 24 (et RFI) le mardi 12 mai 2026, que son homologue tchadien Mahamat Idriss Deby a exprimé le souhait de rebâtir une relation de défense avec la France. « Demandez à Monsieur Déby. D’ailleurs, c’est lui-même qui a demandé à rebâtir une relation de défense avec la France », a affirmé Emmanuel Macron.

Cette déclaration intervient dans un moment de réchauffement prudent des relations franco-tchadiennes après la rupture unilatérale de l’accord de défense fin 2024 et le départ des troupes françaises. Paris et N’Djamena ont acté un « partenariat revitalisé » en janvier 2026, mais plus centré sur l’économie et la coopération que sur une présence militaire lourde.

Après une rupture spectaculaire fin 2024, les deux pays reconstruisent une relation plus équilibrée et pragmatique. La défense reste un pilier important, même si elle n’est plus au centre comme avant. Pour la Présidence du Tchad, "l’accent est désormais mis sur le soutien financier, l’attractivité économique et les investissements, plutôt que sur la seule présence militaire française sur le sol tchadien."

Les relations franco-tchadiennes de 2024 à 2026

En novembre 2024, le Tchad a rompu unilatéralement l’accord de coopération de défense avec la France (datant de 1976 et révisé depuis). Les troupes françaises (environ 1 000 hommes) ont quitté le pays fin janvier 2025. C’était le dernier grand point d’ancrage militaire français au Sahel après les retraits du Mali, Burkina et Niger.

Un an plus tard, en janvier 2026, un rapprochement a eu lieu. Macron invite Déby à Paris. Les deux présidents se rencontrent à l’Élysée le 29 janvier et annoncent un « partenariat revitalisé » centré sur l’économie, les investissements, la culture et le développement, plutôt que sur une présence militaire massive.