Masra Kouroua Nague : L'agriculture au cœur de l'avenir du canton de Banda
Masra Kouroua Nague, chef de canton de Banda, mise sur la diversification agricole pour assurer l'avenir, tout en appelant la jeunesse à s'engager dans l'agriculture face au manque d'emplois publics.
Par Elwood Dk
À l’approche de la saison des pluies, dans le canton de Banda, situé à plus d’une dizaine de kilomètres de la ville de Sarh, le chef de canton, Masra Kouroua Nague, également président des chefs de canton de la province du Moyen-Chari, s’active déjà dans ses champs. Grand producteur agricole, il mise sur la diversification des cultures et l’anticipation pour assurer de bonnes récoltes cette saison.
Selon le chef de canton de Banda, autrefois, les travaux agricoles bénéficiaient de l’appui des tracteurs fournis par le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA), et les producteurs réalisaient un labour à sec dans les zones rizicoles afin de préparer les sols avant l’arrivée des pluies. « Une fois les premières pluies tombées, un second labour était effectué avant les semis. Aujourd’hui, faute de moyens mécaniques, les méthodes ont évolué. Dans les zones inondables dédiées au riz, les travaux reprennent seulement après l’installation des pluies, souvent avec la traction animale. Dans les zones exondées, destinées aux cultures comme le maïs ou l’arachide », souligne-t-il.
Masra Kouroua Nague précise que la préparation des champs commence dès le mois d’avril. Quant aux nouveaux champs, ils nécessitent un défrichage précoce, généralement au mois de mars, même si les nouvelles réglementations du ministère de l’Environnement compliquent parfois l’accès aux terres.
Le président des chefs des cantons de la province du Moyen-Chari poursuit que l’agriculture dans le canton de Banda a également connu des transformations au fil des années. « Avant les années 1980, les cultures dominantes étaient l’arachide, le mil, le maïs et le manioc. Mais avec les inondations récurrentes, notamment à partir de 1988, la culture du riz s’est progressivement imposée, surtout dans les zones proches du fleuve Chari qui traverse le canton. »
Pour s’adapter, le chef de canton exploite des parcelles de part et d’autre du fleuve. Il cultive du riz, mais aussi de l’arachide, du maïs et du manioc. Il s’est même lancé récemment dans des cultures de contre-saison comme l’oignon.
Au-delà de ses activités agricoles, Masra Kouroua Nague lance un appel à la jeunesse. Face au manque d’emplois dans la fonction publique, il encourage les jeunes à se tourner vers la terre plutôt que d’attendre une intégration à la fonction publique qui vient au compte-gouttes.
Selon lui, l’agriculture est une activité autonome, capable de subvenir aux besoins des familles en quelques mois seulement. Il insiste également sur l’importance de valoriser les terres disponibles et de changer les mentalités, notamment chez les jeunes issus du milieu rural qui hésitent à revenir au village.
Le chef de canton invite aussi les professionnels, y compris les journalistes, à s’impliquer davantage dans les activités agricoles afin de mieux comprendre les réalités du terrain.