N’Djamena : réouverture de l’avenue Kerim Nassour, méfiance des usagers

Le maire de la commune de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye, a annoncé la réouverture officielle de l’Avenue du Général Kerim Nassour, située devant la Présidence de la République. Selon le communiqué municipal, la voie sera rouverte à la circulation dans les deux sens à partir du 17 septembre 2

L’avenue Kerim Nassour à N'Djamena. © DR

Mais l’annonce municipale n’a pas apaisé les craintes : sur les réseaux sociaux et dans les groupes de discussion locaux, la réouverture suscite une très forte réaction, largement négative.

« C’est un piège », « avenue de la mort », « on ne passera plus par là » : ces formules reviennent de façon répétée. De nombreux internautes demandent au maire de laisser la voie fermée et de mieux sécuriser le secteur avant toute réouverture. Exemples de réactions relevées :

  • « Même si les quatre sens sont à nouveau réouverts, je ne passerai plus par-là » (Exauce Basile Djaïngué).
  • « Fermez-la, c’est bon » (Fe Bero).
  • « Que le maire et ses militaires prennent la route pour eux seuls » (Plusieurs commentaires).
  • « Nous préférons la déviation à vie » (Boukar Ahmat).
  • « Pourquoi rouvrir alors que des citoyens ont déjà été tués sur cet axe ? Le maire doit rendre compte » (Abdelhakh Senoussi).

Au-delà des peurs exprimées, les citoyens formulent des demandes concrètes : plusieurs commentateurs exigent que la mairie publie le nombre exact de victimes liées à cette avenue durant la période où elle était ouverte/fermée. « Dites-nous combien de citoyens ont été tués pendant l'interdiction », écrit un internaute.

Formation et encadrement des forces : nombreux sont ceux qui réclament une formation renforcée pour les gardes et forces déployés sur l’axe. « D’abord il est impératif de remplacer ou de former les gardes », note un autre commentaire.

Mesures de sécurité avant réouverture : certains demandent la mise en place de dispositifs (contrôles, panneaux, escorte, patrouilles visibles, traduction des consignes pour les forces) avant d’autoriser à nouveau les usagers à emprunter la voie.

Maintien des itinéraires de déviation : plusieurs habitants ont indiqué qu’ils continueront à emprunter les routes de contournement, préférant cet allongement de trajet à un risque perçu.

Une frange de la population, plus discrète, accueille toutefois la décision avec pragmatisme : certains estiment utile de rouvrir l’axe pour fluidifier la circulation et faciliter les déplacements quotidiens, à condition que des garanties de sécurité soient apportées.

Face à ce climat de défiance, des voix appellent les autorités à dialoguer publiquement avec les riverains et à publier un plan de sécurité clair et chiffré : quelles mesures précises ont été prises pour éviter les incidents ? qui sera responsable en cas d’accident ? une formation ou une campagne d’information a-t-elle été organisée pour les forces en poste ?

La mairie insiste sur la responsabilité de tous et appelle à la coopération des usagers. Mais la répétition d’incidents passés et l’émotion collective obligent désormais les autorités à aller au-delà d’un simple communiqué : pour que la réouverture soit acceptée, il faudra des réponses concrètes, de la transparence et des preuves tangibles d’amélioration de la sécurité sur cet axe.

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