Nady Doumdanem : « Endolutte », une voix tchadienne à Porto-Novo

Le film « Endolutte » de Nady Doumdanem, sélectionné pour La Fabrique Doc à Porto-Novo, explore les défis de l'endométriose au Tchad, mettant en lumière une problématique de santé publique méconnue.

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Nady Doumdanem : « Endolutte », une voix tchadienne à Porto-Novo

Par Barra Lutter

Le cinéma tchadien sera représenté à la troisième édition de la résidence panafricaine d’écriture documentaire La Fabrique Doc, prévue du 20 au 28 juillet à Porto-Novo, au Bénin, grâce au long métrage « Endolutte » réalisé par la cinéaste tchadienne Nodjiwameem Doumdanem, dite Nady Doumdanem. Le projet figure parmi les huit œuvres retenues cette année, confirmant la montée en visibilité d’une nouvelle génération de documentaristes africains.

Récit intime au cœur d’un combat de santé publique

Avec « Endolutte », la réalisatrice choisit de raconter l’histoire de Roukaya Mahamat Traoré, une jeune femme vivant avec l’endométriose depuis plus de dix ans. À travers ce portrait, le film explore un quotidien marqué par des douleurs chroniques, mais aussi par les tabous persistants autour de la santé menstruelle et les difficultés d’accès aux soins spécialisés.

Au-delà du récit individuel, « Endolutte » met en lumière une problématique de santé publique encore peu abordée au Tchad. Le documentaire interroge la place accordée aux femmes dans les systèmes de santé et dans les représentations sociales, tout en donnant une voix à celles dont la souffrance reste souvent invisible.

Une œuvre engagée sur les droits des femmes

En suivant le parcours de son personnage principal, « Endolutte » devient un espace de réflexion sur la reconnaissance de l’endométriose et, plus largement, sur le droit des femmes à être écoutées et prises en charge. Le film se positionne ainsi comme un outil de sensibilisation autant qu’une démarche artistique engagée.

Pour la réalisatrice, cette sélection constitue une nouvelle étape dans un parcours encore jeune mais déjà marqué par une volonté affirmée de traiter des questions sociales. Son travail s’inscrit dans une démarche de cinéma engagé, attentive aux réalités vécues par les jeunes et les femmes au Tchad.

Résidence panafricaine pour structurer les projets

La Fabrique Doc réunira huit projets issus de plusieurs pays africains, dont le Burkina Faso, le Sénégal, le Bénin et la Guinée. Pendant une semaine, les participants bénéficieront d’ateliers d’écriture, de séances de mentorat et d’échanges avec des professionnels du documentaire.

L’objectif de cette résidence est d’accompagner les cinéastes dans la structuration de leurs récits et le développement de projets documentaires solides, capables de circuler sur les scènes africaines et internationales.

Pour le Tchad, la sélection de « Endolutte » confirme la vitalité d’un cinéma documentaire en quête de reconnaissance et de nouveaux espaces d’expression.