N'Djamena accueille la 13ᵉ édition du Forum des Hauts Fonctionnaires du Budget d’Afrique Centrale

N'Djamena accueille le 13ᵉ Forum des Hauts Fonctionnaires du Budget d’Afrique Centrale, axé sur le suivi infra-annuel des risques budgétaires et comptables, réunissant experts et responsables pour renforcer la gouvernance budgétaire.

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N'Djamena accueille la 13ᵉ édition du Forum des Hauts Fonctionnaires du Budget d’Afrique Centrale

Par Katchibé Mapagne

La capitale tchadienne accueille, du 3 au 5 juin 2026, la 13ᵉ édition du Forum des Hauts Fonctionnaires du Budget d’Afrique Centrale (FOHBAC). Placée sous le thème du suivi infra-annuel des risques budgétaires et comptables, cette rencontre régionale réunit les experts des finances publiques d’Afrique centrale et de l’Ouest autour des enjeux de maîtrise budgétaire, de transparence et de performance de l’action publique.

Réunis à N'Djamena, les hauts responsables des finances publiques de plusieurs pays africains participent à la 13ᵉ édition du Forum des Hauts Fonctionnaires du Budget d’Afrique Centrale (FOHBAC). La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, en présence de représentants des institutions régionales, de partenaires techniques et financiers ainsi que de délégations venues d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest.

Cette édition est organisée autour du thème : « Suivi infra-annuel des risques budgétaires et comptables, pour une exécution budgétaire maîtrisée et un reporting renforcé ». Un sujet qui intervient dans un contexte où les États sont confrontés à des contraintes budgétaires croissantes, à la volatilité des recettes publiques ainsi qu’aux conséquences des crises économiques, climatiques et sécuritaires.

Dans son allocution, Mesmin Koulet-Vickot, directeur d’AFRITAC Centre, a rappelé que le FOHBAC est devenu, depuis sa création à Brazzaville en 2010, un cadre privilégié de dialogue, de partage d’expériences et de renforcement des capacités dans le domaine des finances publiques. Il a souligné que cette 13ᵉ édition marque une étape importante avec l’ouverture du forum aux pays couverts par AFRITAC Ouest.

Selon lui, cette extension géographique permettra d’enrichir les échanges d’expériences entre administrations confrontées à des défis similaires et de renforcer la convergence des réformes de gestion des finances publiques à l’échelle du continent. Il a également insisté sur les défis persistants auxquels sont confrontés les États, notamment la difficulté à identifier et suivre efficacement les risques budgétaires, l’accumulation des arriérés de paiement, les insuffisances du reporting budgétaire et comptable ainsi que la coordination encore perfectible entre les services du budget, du Trésor et de la comptabilité publique.

Pour le directeur d’AFRITAC Centre, la capacité à détecter précocement les risques, à en mesurer les impacts et à mettre en œuvre des mesures correctives appropriées constitue désormais un facteur déterminant de la résilience des finances publiques. Il a estimé que les dispositifs de suivi des risques budgétaires et comptables sont devenus des instruments essentiels de bonne gouvernance, permettant aux autorités de disposer d’informations fiables pour éclairer la prise de décision et améliorer l’efficacité de l’action publique.

Ouvrant officiellement les travaux, le ministre d’État Tahir Hamid Nguilin a, pour sa part, souhaité la bienvenue aux délégations participantes et salué l’engagement des partenaires techniques et financiers en faveur du renforcement de la gouvernance budgétaire dans la sous-région. Il a rappelé que le FOHBAC s’est imposé au fil des années comme une plateforme technique de référence pour le partage des bonnes pratiques et le renforcement des capacités des administrations financières.

Le ministre a souligné que le thème retenu cette année place au cœur des débats la nécessité d’anticiper les risques budgétaires plutôt que de les constater après coup. Selon lui, le suivi infra-annuel doit devenir un véritable outil de pilotage permettant d’identifier les risques en temps réel, de renforcer la discipline budgétaire et de préserver les équilibres financiers des États.

S’adressant aux directeurs généraux du Budget et du Trésor, il a insisté sur la nécessité de disposer de plans de trésorerie réalistes, de tableaux de bord performants, de systèmes d’alerte précoce, d’une cartographie active des risques ainsi que d’informations financières fiables et exploitables par les décideurs publics. Il a également appelé à un renforcement de la coordination entre les différents acteurs de la chaîne budgétaire et comptable.

Pour Tahir Hamid Nguilin, l’enjeu est de faire évoluer les administrations publiques d’une gestion réactive vers une gestion proactive fondée sur l’anticipation, la transparence et les résultats. Il a exhorté les participants à produire des recommandations concrètes et directement applicables afin d’améliorer durablement la gestion des finances publiques dans les pays membres.

Les travaux du forum se poursuivront durant plusieurs jours avec des échanges techniques, des partages d’expériences et des réflexions sur les mécanismes permettant de renforcer la maîtrise de l’exécution budgétaire et la qualité de l’information financière au sein des administrations publiques africaines.