N'Djamena : crise de l'électricité à Mardjandafak, le calvaire quotidien des habitants et des artisans
Dans le quartier Mardjandafak à N’Djamena, les coupures d'électricité récurrentes paralysent les ménages et asphyxient les artisans, qui réclament des solutions durables.
Par Khadidja Oumar Abdoulaye
Dans le quartier Mardjandafak, situé dans la commune du 2ᵉ arrondissement de N’Djamena, les habitants dénoncent des coupures récurrentes d’électricité. Selon plusieurs témoignages, le courant est rarement disponible et, lorsqu’il revient, il ne se manifeste que furtivement, notamment entre 2 heures et 6 heures du matin. Une situation qui paralyse les ménages, les petits commerces et, plus particulièrement, les artisans.
À Mardjandafak, l’accès à l’énergie reste une préoccupation majeure. Plusieurs riverains affirment ne voir le courant que quelques rares fois par semaine, des interruptions répétées qui compliquent lourdement leur quotidien.
Un conseiller de la commune du 2ᵉ arrondissement confirme cette anomalie : le courant arrive parfois vers 2 heures du matin avant de disparaître à 6 heures. « Le courant vient vers 2 heures du matin et coupe à 6 heures. Normalement, nous devrions avoir l’électricité de 17 heures jusqu’à 6 heures du matin », confie-t-il.
Cette défaillance pèse lourdement sur l’économie locale. Les commerçants et les artisans dépendants de l’électricité se résignent à utiliser des groupes électrogènes, engendrant des surcoûts importants liés à l’achat de carburant.
« Quand il n’y a pas d’électricité, nous sommes obligés d’utiliser le groupe électrogène. Cela demande du carburant et augmente nos dépenses », souligne le conseiller communal.
Les couturiers en première ligne
Dans le carré 5 de Mardjandafak, les professionnels de la couture subissent de plein fouet ces perturbations. Un jeune couturier témoigne : « Nous voyons rarement le courant, parfois seulement deux fois par semaine. Quand il vient, c’est vers 2 heures du matin et il coupe à 6 heures. Nous sommes dépassés. »
Pour cet artisan, cette pénurie anéantit sa productivité. « Nous qui travaillons dans la couture, nous souffrons. Nous n’avons plus assez d’énergie pour travailler avec nos machines à pied. Même si nous disposons d’un panneau solaire, cela ne suffit pas pour faire fonctionner correctement notre activité », déplore-t-il.
Face à cette impasse, il en appelle à la SNE : « Notre message aux agents de la SNE, c’est que s’ils ont la possibilité de mettre en place d’autres stratégies, comme les panneaux solaires, ce serait une bonne chose. Mais comme ça, nous sommes vraiment dépassés. »
Au-delà du simple confort, c’est la survie économique des foyers qui est menacée. Les coupures entravent la conservation des denrées alimentaires, compromettent la scolarité des enfants et détruisent les revenus de nombreuses familles.
Les riverains réclament une refonte de la desserte électrique et exigent des solutions pérennes pour redonner aux ménages et aux travailleurs des conditions de vie dignes.
À Mardjandafak, l’accès à l’électricité est devenu un combat de chaque instant, indispensable pour préserver le tissu économique local.