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# N'Djamena : derrière les étals de Toukra, la lutte quotidienne des commerçantes face au droit de place
- URL: https://www.alwihdainfo.com/ndjamena-derriere-les-etals-de-toukra-la-lutte-quotidienne-des-commercantes-face-au-droit-de-place/
- Published: 2026-08-25T15:08:38.000Z
- Updated: 2026-08-25T15:08:38.000Z
- Description: Au petit marché de Toukra, les femmes se battent chaque jour pour faire vivre leurs familles malgré la précarité et le poids pesant du droit de place.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Katchibé Mapagne**

Au petit marché de Toukra, communément appelé site "A", les femmes occupent une place centrale dans le commerce de proximité. Installées à même le sol ou sur de simples tables, elles proposent aux habitants épices, condiments, céréales et produits séchés soigneusement disposés pour attirer la clientèle. Mais derrière cette activité quotidienne se pose avec acuité la question du droit de place, une redevance qui pèse lourdement sur les revenus déjà modestes de ces commerçantes, pour qui chaque journée représente un combat permanent.

« Je viens ici chaque jour pour vendre mes produits et chercher de quoi faire vivre les miens. Ce n’est pas toujours facile. Il y a des jours où les clients sont nombreux, mais d’autres fois, nous vendons très peu. Malgré cela, nous devons continuer, car c’est notre principale activité », témoigne Mariam, vendeuse au marché.

À cette réalité économique s’ajoute celle de l'occupation des emplacements, soumise au paiement d'une taxe perçue pour le compte de l'État. Pour ces petites vendeuses, cette dépense constitue une source d'angoisse supplémentaire, en particulier les jours de faible affluence.

Elizabeth, veuve et mère de trois enfants, partage son quotidien : « Depuis que je suis veuve, je dois me battre seule pour élever mes enfants. Je viens au marché pour leur trouver à manger et répondre à leurs besoins. Même quand les ventes sont faibles, je ne peux pas baisser les bras, car ils comptent sur moi. Surtout à la veille de la rentrée scolaire, où tout devient très difficile. »

Pour elle, le paiement du droit de place représente une charge écrasante dans une activité où les rentrées d'argent sont incertaines.

« Nous voulons seulement pouvoir travailler dans de dignes conditions. Quand on paie le droit de place et qu’on ne vend presque rien de la journée, cela devient insoutenable. Nous demandons que les difficultés des petites vendeuses soient prises en compte par le gouvernement », insiste-t-elle.

Au-delà de l'accès à un simple espace de vente, c'est l'ensemble des conditions d'exercice qui est mis en cause : montant de la taxe, régularité de la collecte, qualité des emplacements et services disponibles. Malgré ces contraintes, ces femmes continuent de se tenir derrière leurs marchandises, espérant récolter le fruit de leurs efforts.