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# N'djamena : des enfants contraints au travail de rue pour survivre
- URL: https://www.alwihdainfo.com/ndjamena-des-enfants-contraints-au-travail-de-rue-pour-survivre/
- Published: 2026-08-29T19:35:25.000Z
- Updated: 2026-08-29T19:35:25.000Z
- Description: Dans les rues de N'djamena, de plus en plus d'enfants abandonnent l'école pour vendre de l'eau en sachets, victimes de la pauvreté et de la défaillance des structures familiales.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Temandang Gontran**

Dans ce XXIe siècle où l'argent est devenu indispensable pour vivre, cette réalité semble bouleverser le quotidien : même les enfants ne sont plus épargnés et se lancent tous azimuts dans la quête de revenus. Dans les quartiers et les marchés de la capitale tchadienne, il n'est pas rare de voir des mineurs traîner des seaux remplis de sachets d'eau sur la tête pour trouver des clients. Ils sillonnent les marchés et les arrêts de bus afin de liquider leur marchandise. Le prix varie entre 25 et 50 francs le sachet ; une fois la commande honorée, ils repartent se charger à nouveau, et ainsi de suite. Nos tentatives pour interroger ces enfants au marché Taradona sont restées vaines.

Après avoir échangé avec plusieurs témoins sur la précocité de ces petits commerces, les explications divergent. « Souvent, ce sont des enfants qui n'ont pas de soutien ou dont les parents ne s'occupent pas ; ils sont obligés de se battre eux-mêmes pour trouver à manger », explique Suzanne. La précarité, le divorce, les grossesses non désirées, les mariages forcés ou encore le décès des parents expliquent également cette situation. « De nos jours, après une grossesse, l'auteur refuse parfois d'assumer ses responsabilités. La mère se retrouve sans moyens après l'accouchement et devient incapable de prendre en charge sa progéniture. L'enfant ayant des besoins, il est obligé d'aller se débrouiller », témoigne Tchindeubé, père de quatre enfants.

De son côté, l'UNICEF rappelle que les enfants ont droit à la santé, à l'eau potable, à une alimentation suffisante, ainsi qu'à l'éducation pour apprendre et grandir. Ils doivent être protégés contre la violence, la maltraitance, l'exploitation et les conflits armés, tout en bénéficiant d'un foyer et de moments de détente. Or, la réalité de la société tchadienne est tout autre : entre 8 et 15 ans, certains enfants se retrouvent maîtres de leur destin. En menant ces petites activités, ils s'exposent à tous les dangers.

Au Tchad, selon les données actualisées de l'UNICEF, environ un enfant en âge d'aller à l'école sur deux est non scolarisé, ce qui représente près de 3 millions de mineurs hors du système éducatif. Cette situation génère un déséquilibre sociétal et pousse les enfants vers le banditisme en grandissant. Les filles, quant à elles, s'exposent aux viols et à la prostitution en raison de leurs conditions de vie et du manque de soutien. Les enfants abandonnés s'avèrent également faciles à enrôler dans les groupes insurrectionnels. L'abandon de ces mineurs n'honore ni la société tchadienne ni les familles, car c'est la communauté entière qui en subit les conséquences. Chacun doit réfléchir et assumer ses responsabilités parentales, selon l'adage Ivoirien : « Il faut nourrir son enfant jusqu'à ce qu'il pousse les dents, et il vous nourrira quand vous perdrez les vôtres. »