N’Djamena : dix ans de réclusion requis contre une femme et son ex-mari après un meurtre
À N’Djaména, un couple est jugé pour homicide. Le procureur requiert dix ans de prison pour chacun, accusés de complicité dans une agression mortelle. Verdict attendu dans les prochains jours.
Par Ahmad Youssouf Ali
Une femme et son ex-époux comparaissaient ce jeudi 6 août 2026 devant le tribunal de grande instance de N’Djaména pour des faits de coups et blessures mortels. À l’issue des réquisitions, le procureur a demandé une peine de dix ans de réclusion criminelle à l’encontre de chacun des prévenus.
Selon les éléments rapportés à la barre, les liens entre les deux accusés ne se seraient pas rompus après leur divorce. L’ex-mari, père de deux enfants issus de cette union, entretenait une relation téléphonique régulière avec son ancienne épouse. Il l’appelait à plusieurs reprises, jusqu’au jour où le mari de celle-ci, surpris de la voir s’entretenir avec un homme, l’a interrogée sur l’identité de son interlocuteur. Elle lui a alors répondu qu’il s’agissait de son ex-époux.
Fou de rage, le mari légitime a arraché le téléphone des mains de sa femme. Mais l’altercation ne s’est pas arrêtée là. Quelques jours plus tard, l’ex-mari s’est rendu sur le lieu de travail de son rival et lui a porté sept coups de couteau, provoquant sa mort.
La partie civile, représentant les proches de la victime, ne s’est pas contentée de pointer du doigt l’auteur matériel des coups. Elle a avancé que cette agression mortelle n’aurait pu être perpétrée sans la complicité active de l’épouse de la victime. Selon elle, l’ancienne conjointe aurait facilité les agissements de son ex-mari, ce qui justifierait une lourde condamnation contre les deux accusés.
Outre la peine d’emprisonnement requise par le ministère public, les avocats de la partie civile ont réclamé des dommages et intérêts substantiels : une amende de 50 000 000 de francs CFA au profit de l’État, ainsi qu’une indemnisation de 5 000 000 de francs CFA pour la famille endeuillée, en réparation du préjudice moral et matériel subi.
À l’issue des plaidoiries et réquisitions, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue dans les prochains jours, au grand dam des familles des parties civiles qui attendent une sanction exemplaire.