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# N'Djamena : la bilibili, entre survie économique et urgence sanitaire
- URL: https://www.alwihdainfo.com/ndjamena-la-bilibili-entre-survie-economique-et-urgence-sanitaire/
- Published: 2026-08-19T19:39:22.000Z
- Updated: 2026-08-19T19:39:22.000Z
- Description: À N'Djamena, la production de bilibili offre un revenu vital à de nombreuses femmes, mais se déroule souvent dans une insalubrité alarmante qui inquiète face au choléra.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Temandang Gontran**

Le commerce de la boisson locale traditionnelle, la bilibili, constitue une source de revenus incontournable pour de nombreuses femmes à N'Djamena. Cependant, au-delà de ce rendement financier bienvenu, se cache une réalité alarmante : une insalubrité généralisée.

 **Un environnement de préparation préoccupant**

Une tournée dans certains lieux de fabrication permet de mesurer l'état déplorable dans lequel la bilibili est préparée. Les sites affichent souvent une propreté douteuse, les résidus de céréales (sons) sont entassés à même le sol, formant de véritables nids à mouches. Les cendres issues de la cuisson sont jetées sur place, accentuant l'aspect repoussant des lieux.

Pourtant, cette situation semble indifférer les consommateurs.

« Mouche ou pas, nous, on consomme seulement ! », lance l'un d'eux d'un geste machinal pour chasser les insectes. Cet état de fait contraste lourdement avec le contexte sanitaire actuel, marqué par une recrudescence des cas de choléra dans la capitale, dont le bilan ne cesse de grimper.

**Entre saison des pluies et rejet des responsabilités**

À cette insalubrité chronique s'ajoute le défi de la saison des pluies, marqué par des eaux stagnantes qui encerclent ces espaces de vente. Pour la plupart des vendeuses, l'entretien et l'aménagement de ces zones vitales passent au second plan.

Interrogée à Chagoua, une consommatrice rejette la faute sur les propriétaires des lieux :

« La responsabilité d'aménager revient à la propriétaire du cabaret, pas aux femmes qui viennent seulement préparer leur bilibili », affirme-t-elle.

**La précarité excuse-t-elle l'insalubrité ?**

Face aux interpellations sur les règles d'hygiène élémentaires, la majorité des personnes impliquées invoquent des conditions de vie précaires. Mais est-il nécessaire d'avoir de grands moyens financiers pour balayer, curer et rendre propre son lieu de travail ? Tolérer une telle saleté sous prétexte de pauvreté expose directement les clients à des risques mortels de maladies hydriques.

Face à cette menace silencieuse mais bien réelle pour la santé publique, les autorités sont vivement interpellées. Une intervention s'impose pour mettre de l'ordre dans ces cabarets et garantir aux N'Djamenois des conditions de vie plus saines et sécurisées.