N'Djamena : la pénurie de poissons frais fait flamber les prix sur les marchés
À N'Djamena, la rareté des poissons frais, accentuée par le manque de pluie et la baisse des niveaux d'eau, provoque une forte hausse des prix sur les marchés.
Par Temandang Gontran
Depuis quelques semaines, les poissons frais se font de plus en plus rares sur les marchés de la capitale tchadienne, entraînant une hausse notable des prix, selon les consommateurs. Au marché Taradona, situé dans le 7e arrondissement de N'Djamena, le constat est unanime : les approvisionnements arrivent en faible quantité. Interrogés, les vendeurs expliquent cette situation par le manque de précipitations.
« Quand il ne pleut pas assez, les poissons se font rares sur le marché. Le niveau de l'eau permet normalement aux poissons de quitter leur lieu habituel pour se reproduire, trouver suffisamment de nourriture et croître rapidement », explique une vendeuse du marché Taradona.
Même le *Synodontis schall*, connu localement sous le nom de « garga » et qui garnissait traditionnellement les assiettes des N'Djamenois, est devenu une denrée rare. Les commerçants pointent du doigt le manque d'eau, qu'ils considèrent comme la cause principale de cette pénurie.
« Si vous observez bien, le garga abonde les années de fortes pluies. Comme cette année n'a pas été suffisamment arrosée, vous remarquez que ce n'est pas seulement le garga qui manque, d'autres espèces sont également devenues rares », témoigne la gérante d'un restaurant. Elle ajoute : « Je prépare la soupe de garga que je vends à 500 francs avec un pain. Les clients pensent que je fais de la marge, mais le poisson est cher et rare à l'achat, ce qui fait monter les prix. » Les poissons qui se vendaient autrefois autour de 500 francs s'échangent désormais à 1 000 francs.
« Aujourd'hui, j'avais envie de manger du poisson frais, mais c'est tellement cher que j'ai préféré acheter des légumes. Vu le nombre de bouches à nourrir, cela ne suffira pas », confie une ménagère à une amie.
Les aléas climatiques présentent à la fois des avantages et des inconvénients pour les pêcheurs. Lors des saisons de fortes pluies ou de crues, le niveau de l'eau augmente de façon spectaculaire et les poissons se dispersent sur de vastes surfaces inondées pour se reproduire. Cette dispersion complique le travail des pêcheurs, dont les filets reviennent souvent vides. À l'inverse, les sécheresses prolongées réduisent les biotopes et les niches écologiques indispensables à la survie de certaines espèces locales.
L'ensemble de ces facteurs contribue à l'augmentation du coût du poisson sur les marchés. Pour préserver leur consommation et leurs activités commerciales, les acteurs du secteur estiment qu'il est urgent de repenser la protection de l'environnement afin de lutter contre la sécheresse et l'assèchement progressif du lac Tchad, principale source d'approvisionnement du pays.