N'Djamena : le calvaire quotidien des habitants de Chagoua 2 face aux ordures
À N'Djamena, le quartier Chagoua 2 subit une insalubrité alarmante depuis trois mois. Entre décharges sauvages et menaces sanitaires, les habitants vivent dans des conditions indignes.
Par Temandang Gontran
Le quartier Chagoua 2, situé dans le 7e arrondissement de N'Djamena, fait face à une insalubrité alarmante. Depuis près de trois mois, les ruelles sont envahies par des décharges sauvages d'ordures, sans qu'aucune solution qu'il s'agisse de remblai ou de sable pour aménager les passages ne soit entreprise. Une situation qui renvoie une image indigne d'un quartier de la capitale.
Pourtant, les usagers vaquent à leurs occupations comme si de rien n'était. Plus grave encore : en période de pluie, c'est la catastrophe. Les rues principales se transforment en véritables bassins d'eaux pluviales, contraignant les passants à trouver des issues précaires le long des murs des maisons, là où les propriétaires ont surélevé la terre pour protéger leurs habitations de l'eau.
Un spectacle désolant autour du marché Taradona
Un tour dans le quartier suffit pour constater l'ampleur du problème à l'œil nu : tout est envahi par la saleté. Aux abords du marché Taradona, le spectacle est particulièrement désagréable face à l'accumulation des immondices. Ce phénomène est si visible au quotidien que l'on pourrait croire que les habitants se sont résignés à vivre dans la crasse.
Pourquoi les habitants ne parviennent-ils pas à s'organiser pour nettoyer leur environnement ? Est-ce parce que chacun pense que cela ne le concerne pas ?
Pourtant, le cadre de vie mérite un entretien permanent. Fait paradoxal, ces montagnes d'ordures trônent juste en face des boutiques et de petits restaurants, sans qu'aucune mesure de protection ou de nettoyage ne soit prise. Lorsque la pluie s'en mêle, le coin devient tout simplement invivable.
Entre urgence sanitaire et indifférence
Face à la déclaration récente de cas de choléra dans la capitale tchadienne, le danger sanitaire demeure plus qu'évident. La notion d'hygiène semble s'être effacée de l'éducation sociale, tout comme les efforts de sensibilisation.
Aucune mesure concrète n'est mise en œuvre pour lutter contre ces décharges sauvages, et l'idée d'apporter du remblai pour niveler les rues jonchées de détritus depuis plus de trois mois relève de l'arlésienne.
Qu'est-ce qui ne va pas dans ce milieu populaire de la ville ? Cette question mérite une réflexion profonde et une réponse urgente, sous peine de voir les habitants continuer à subir indéfiniment les odeurs âcres dégagées par ces immondices.