N’Djamena : Le curage diurne des fosses septiques provoque des tensions
À N’Djamena, le curage diurne des fosses septiques provoque des tensions, exposant les habitants à des nuisances olfactives et sanitaires. Les riverains appellent à une meilleure réglementation des horaires.
Par Achta Mahamat
Dans plusieurs quartiers de N'Djamena, le curage des fosses septiques en pleine journée suscite de nombreuses plaintes de la population. Entre mauvaises odeurs, risques sanitaires et perturbations du quotidien, cette pratique devient une véritable source de tensions entre habitants et prestataires de vidange.
Selon plusieurs riverains rencontrés dans certains quartiers périphériques de la capitale, les opérations de curage sont souvent effectuées à des heures de forte affluence, exposant les habitants, notamment les enfants et les commerçants, à des odeurs insupportables. « Quand ils viennent vider les toilettes en journée, on ne peut même plus manger ou rester devant la maison », témoigne une habitante d’un quartier du 5e arrondissement.
Au-delà des désagréments, certains citoyens dénoncent également l’absence de mesures d’hygiène adéquates. Des eaux usées sont parfois déversées accidentellement sur la voie publique, augmentant les risques de maladies liées à l’insalubrité.
Seulement environ 11 % de la population tchadienne a accès à des services d’assainissement gérés en toute sécurité. Plus de 82 % n’ont pas d’installations adéquates, et 63 % pratiquent encore la défécation à l’air libre (Banque Africaine de Développement, Forum National sur l’Assainissement 2025).
Interrogé sur la question, un agent communal explique que plusieurs prestataires travaillent sans réel encadrement ni respect strict des horaires recommandés. Selon lui, des sensibilisations doivent être renforcées afin que les opérations se déroulent de préférence la nuit ou tôt le matin.