N’Djamena : le procès d’un vigile accusé de détournement de mineure s’ouvre sur fond de contestations
Le procès d'un vigile accusé de détournement de mineure à N'Djamena soulève des questions sur la validité des preuves et les procédures judiciaires. La défense conteste vigoureusement les charges et demande l'audition de la victime.
Par Temandang Gontran
Le 2 juillet 2026, le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a ouvert le procès d'un vigile poursuivi pour détournement de mineure. Alors que le ministère public requiert une condamnation, la défense dénonce une procédure entachée d'irrégularités et une absence totale de preuves matérielles.
Le prévenu, agent de sécurité devant une école privée dans le 6e arrondissement de la capitale, est accusé d'avoir entretenu une relation avec une mineure de 13 ans. L'affaire a été portée devant la justice après le 8 mars 2026 : ce soir-là, rentrée à 23 heures, la jeune fille aurait, sous la pression de ses parents, avoué avoir fréquenté le domicile du prévenu. Une plainte a été déposée dans la foulée.
Lors de l'audience, le procureur a maintenu les charges contre l'accusé, demandant au tribunal de le déclarer coupable des faits de détournement de mineure selon l'article 318 du code pénal tchadien tels que décrits dans le dossier d'accusation.
Les avocats du prévenu ont vigoureusement plaidé la relaxe, soulevant plusieurs points, notamment l'absence de matérialité des faits. La défense a rappelé que l'examen médico-légal pratiqué sur la victime a conclu à l'intégrité physique de la jeune fille, contredisant ainsi l'idée d'un acte sexuel. Ils ont appuyé leur argument avec l'article 289 du code pénal tchadien qui définit le détournement de mineurs, selon eux les éléments ne sont pas constitués pour déclarer la culpabilité de leur client. Dans le procès-verbal, il a été mentionné que la victime aurait été détournée sur le chemin de l'école, alors les avocats du prévenu ont démontré que ce jour il n'y avait pas cours.
La défense a dénoncé une garde à vue prolongée de 10 jours, qualifiée d'illégalité, au regard des délais de détention prévus par la loi. Les conseils du prévenu ont déploré l'absence de l'audition de la victime par le tribunal. Ils ont souligné que les parents, seuls plaignants, ne se sont présentés qu’une seule fois à l'audience, sans pour autant apporter de preuves tangibles, avant de cesser toute collaboration avec la procédure.
Les avocats soutiennent que la jeune fille aurait été instrumentalisée par ses parents, qualifiant les accusations de manœuvres infondées.
Face à ce qu'elle considère comme un dossier vide, la défense a formellement requis l'audition de la mineure, estimant que son témoignage est indispensable à la manifestation de la vérité. Le tribunal devra désormais déterminer si les éléments apportés par le ministère public suffisent à établir la culpabilité du prévenu, malgré les zones d'ombre soulevées par la défense.
Cela a créé du brouhaha dans la salle, les personnes venues assister au procès, ont commencé à murmurer, soulignant que certains parents ont tendance à utiliser leur enfant pour régler les affaires du quartier.
Le prévenu a été reconduit à la maison d'arrêt de Klessoum pour la suite de l'affaire.