N'Djamena : le procès pour vol et recel renvoyé en raison de zones d'ombre procédurales
Devant le Tribunal de grande instance de N'Djamena, un procès pour vol qualifié et recel a été renvoyé en raison d'irrégularités procédurales et de zones d'ombre soulevées par le parquet.
Par Temandang Gontran
Un prévenu poursuivi pour des faits de vol portant sur un téléphone portable et une motocyclette a comparu, ce 29 octobre 2026, devant le Tribunal de grande instance de N'Djamena. À la barre, il a formellement contesté les charges retenues contre lui, alors même que les parties civiles versent au dossier des éléments matériels compromettants.
À l'ouverture des débats, interrogé par la présidente du tribunal, le prévenu a plaidé non coupable. Une ligne de défense immédiatement mise à mal par le conseil de la partie civile, qui a brandi le téléphone de la victime affichant en fond d'écran l'image du prévenu.
Selon les explications de la partie civile, c’est à la suite d’une réquisition technique adressée à l'opérateur de téléphonie mobile Airtel, aux fins de géolocalisation, que l'appareil a pu être retracé, menant ainsi à l'interpellation du mis en cause en possession du terminal dérobé.
Pour sa défense, le prévenu soutient que le téléphone ne lui a pas été saisi directement. Il affirme s’être borné à mettre en relation son cadet et un tiers désireux d'acquérir un téléphone, désignant cet intermédiaire comme la personne appréhendée en possession de l'objet. Une version contredite par la partie civile, qui précise que l'individu interpellé avec l'appareil a formellement mis en cause le prévenu lors de son audition, affirmant lui avoir acheté le bien litigieux.
Au-delà du téléphone, la partie civile déplore un préjudice plus global incluant le vol d'une motocyclette et d'autres effets personnels non restitués à ce jour. Elle a en outre révélé que la famille du prévenu avait initialement entamé des pourparlers en vue d'une indemnisation amiable, avant de se rétracter face à l'ampleur du préjudice financier.
Face aux zones d'ombre soulevées lors de l'audience, le ministère public a pointé du doigt de graves irrégularités procédurales. Le parquet s'est notamment interrogé sur l'absence de mise sous scellés du téléphone, pièce à conviction essentielle, ainsi que sur l'absence de placement en détention préventive de l'intermédiaire initialement trouvé en possession de l'appareil.
Au regard de la complexité du dossier et de la nécessité d'éclaircir ces vices de procédure, le tribunal a ordonné le renvoi de l'affaire à une audience ultérieure. Le prévenu, quant à lui, demeure sous le coup d'un mandat de dépôt et a été reconduit à la maison d'arrêt de Klessoum.