N'Djamena : Les marchés face à la saison des pluies, quelle solution ?

À N'Djamena, les marchés se transforment en bourbiers chaque saison des pluies, révélant un problème de responsabilité partagée entre commerçants et autorités municipales.

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N'Djamena : Les marchés face à la saison des pluies, quelle solution ?

Par Temandang Gontran

À N'Djamena, chaque saison des pluies transforme les marchés en bourbiers impraticables. Entre incivisme, manque d'infrastructures et inaction des autorités, les commerçants vivent un calvaire quotidien. Reportage sur une situation devenue endémique.

À chaque averse, c'est le même scénario : les allées des marchés de la capitale se muent en zones boueuses, rendant la circulation difficile et les ventes quasi difficile. Le constat, alarmant, soulève la question de la responsabilité partagée entre commerçants et autorités municipales.

Entre sensibilisation et carences infrastructurelles

Pour Ali, habitué des lieux, la solution réside avant tout dans un changement de mentalité : « Il faut une sensibilisation pour une prise de conscience collective. Chacun doit comprendre l'importance de maintenir son milieu de vie propre. » Le constat est accablant : dans de nombreux marchés non construits, les déchets sont jetés à même le sol, accentuant l'insalubrité.

De son côté, Nadège pointe du doigt les manquements de la mairie. « Par manque de bacs à ordures, les commerçants sont contraints de jeter les détritus pêle-mêle », explique-t-elle. Elle préconise une réorganisation des services municipaux afin de mettre sur pied une équipe dédiée à la salubrité des espaces de vente.

L'exemple du marché Taradona : une réalité désolante

Un tour au marché Taradona, dans le 7e arrondissement, suffit à illustrer l'urgence de la situation. L'image est désolante : les déchets s'accumulent au milieu des étals. Pourtant, sur place, l'effort reste individuel et limité. Chaque vendeur nettoie son propre périmètre sans se soucier de l'espace commun, laissant les zones de passage sombrer dans la boue et les immondices.

Bertine, vendeuse de légumes, suggère une approche plus coercitive : « La mairie doit prendre des mesures fermes et instaurer des amendes pour toute personne prise en flagrant délit de jet d'ordures. »

Une responsabilité partagée

S'il est indéniable que la municipalité a le devoir d'équiper les marchés en bacs à ordures et d'assurer une gestion régulière des déchets, la mairie ne peut se substituer à la responsabilité citoyenne des commerçants.

La question centrale demeure : si les commerçants attendent légitimement des actions de la municipalité, que font-ils, en retour, pour garantir la salubrité de leurs lieux de travail ? L'amélioration du cadre de vie dans les marchés ne pourra se faire que par un partenariat actif entre une municipalité organisée et des commerçants soucieux de la propreté de leurs espaces communs.