N'Djamena : quand les caniveaux stagnants virent au cauchemar sanitaire
À N'Djamena, les caniveaux mal inclinés laissent stagner les eaux usées, devenant de véritables foyers de prolifération pour les moustiques et alimentant une crise sanitaire majeure liée au paludisme.
Par Temandang Gontran
À N'Djamena, les caniveaux sont-ils conçus pour évacuer l'eau ou pour la stocker ? Si leur rôle théorique est d'évacuer les eaux pluviales et usées, la réalité observée dans les quartiers populaires de la capitale tchadienne est tout autre. L'eau y stagne en permanence, se mélange aux ordures pour devenir noire et dégager des odeurs nauséabondes. Bien qu'ils contribuent à drainer les précipitations lors des fortes pluies, une part importante de ces canaux se retrouve obstruée dès que le débit diminue.
Pour certains riverains, le problème réside dans le non-respect des pentes d'inclinaison. « Il faut que la pente du caniveau respecte le sens d'écoulement des eaux pour assurer une vidange complète. Souvent, les caniveaux sont posés au même niveau, sans inclinaison. Par conséquent, accumulant les saletés, l'eau se bloque et manque de force pour suivre son cours », explique Eleazar, habitant du 7e arrondissement de N'Djamena. Malgré les efforts déployés pour prémunir la ville contre les inondations, les défis restent immenses.
Ces eaux stagnantes font peser une menace sanitaire directe sur la population, devenant des foyers majeurs de prolifération des moustiques. « Dès 18 heures, il devient difficile de rester dans la cour. Avec l'envahissement des moustiques, nous sommes contraints de nous terrer à l'intérieur », témoigne un résident de Chari-Mongo. Alors que la municipalité fait face aux inondations, le paludisme sévit également. Lors de la présentation du bilan de sa campagne de pulvérisation intradomiciliaire pour 2025, le ministère de la Santé publique du Tchad a indiqué avoir enregistré plus de 2,4 millions de cas de paludisme au cours de cette même année.
Face à ces problématiques, il est urgent d'agir pour empêcher que les caniveaux ne se transforment en nids à moustiques et en foyers larvaires, un véritable danger de santé publique. « Vers 2015-2016, les moustiques ne pullulaient qu'en saison des pluies. Ces dernières années, ils piquent douze mois sur douze et nous ne pouvons plus dormir sans moustiquaire », déplore Epiphanie, habitante du quartier Habena. Est ce qu'il faut souligner que l'augmentation du nombre de la population devrait être une source des difficultés, notamment l'amélioration des conditions de vie permettant d'évaluer les risques liés aux, si tel est le cas alors il est important de prendre des mesures au fur à mesure que que la ville grandi. Autorités et citoyens doivent conjuguer leurs efforts pour que ces infrastructures remplissent enfin leur rôle d'assainissement au service de la population.