N’Djamena : un jeune homme jugé pour recel présumé d’une moto volée

Le Tribunal de N'Djamena juge un jeune homme pour recel de vol de moto, avec des débats marqués par des contradictions et des allégations de sévices policiers.

Partager
N’Djamena : un jeune homme jugé pour recel présumé d’une moto volée

Par Temandang Gontran

N'Djamena, le 2 juillet 2026 – Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N'Djamena a ouvert aujourd'hui le procès d'un jeune homme accusé de recel de vol d'une motocyclette. Les débats, marqués par des contradictions, ont révélé une affaire aux contours troubles.

Selon les faits exposés à la barre, le prévenu aurait été interpellé par une patrouille de police aux alentours de 1h du matin. Il aurait quitté l'axe CA7 dans un débit de boissons du 7e arrondissement avec la moto. Arrivé à Walia dans le 9e arrondissement, il a été intercepté par la police en patrouille. Lors de son interpellation, les forces de l'ordre lui ont signifié que l'engin en sa possession faisait l'objet d'une déclaration de vol.

Entendu sur les circonstances de son arrestation, le prévenu a soutenu une version axée sur la bonne foi : selon ses dires, il aurait consommé de l'alcool dans un débit de boisson du 7e arrondissement avant que son cousin, introuvable à ce jour, ne lui confie la moto pour la convoyer vers Walia dans le 9e arrondissement. Le prévenu assure avoir ignoré l'origine frauduleuse de l'engin.

Toutefois, le ministère public a relevé une incohérence majeure : lors de son audition initiale devant la Police Judiciaire, le mis en cause aurait reconnu sa participation à un vol de moto. Face aux juges, il s'est rétracté, niant catégoriquement toute implication dans le vol reproché. Le procureur a appuyé ses réquisitions par l'article 403 du code pénal tchadien et a demandé au tribunal de déclarer le prévenu coupable des faits qui lui sont reprochés.

La défense, assurée par son conseil, a soulevé des exceptions de procédure préoccupantes. L'avocat a dénoncé des sévices corporels subis par son client durant sa garde à vue de 48 heures au commissariat. Le conseil a fait état d'une tentative de concussion, affirmant qu'une somme de 200 000 francs CFA aurait été exigée par des agents pour étouffer l'affaire.

Sur la base de ces éléments, la défense a plaidé l'innocence du prévenu, arguant que l'article 297 qui démontre le vol n'est pas constitué et l'article 614 qui souligne le recel n'est pas également constitué. Selon lui, son client a été instrumentalisé par son cousin.

Le tribunal devra désormais déterminer si les éléments constitutifs de l'infraction — notamment l'intention coupable — sont réunis, tout en statuant sur les allégations de violations des droits de la défense soulevées par l'avocat. En attendant le verdict final, le prévenu reste en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum.