N'Djamena : Un marabout devant la justice pour sorcellerie et menaces
Un marabout a comparu devant le Tribunal de grande instance de N'Djamena pour des accusations de sorcellerie, de diffamation et de menaces. L'affaire a été renvoyée au 29 septembre.
Par Temandang Gontran
Un individu se déclarant marabout a comparu ce 15 septembre 2026 devant le Tribunal de grande instance de N'Djamena. Il doit répondre des chefs d'accusation de pratiques occultes, d'imputation dommageable, de diffamation et de menaces.
L'affaire trouve son origine dans la maladie d'une jeune fille dont l'état n'avait pu être amélioré malgré une prise en charge hospitalière. Face à cette impasse thérapeutique, et par l'entremise d'un chef de canton, la patiente a été conduite auprès du prévenu.
Selon les déclarations recueillies à l'audience, l'administration d'un remède traditionnel aurait permis à la victime de recouvrer momentanément ses forces, l'amenant à désigner publiquement une femme qu'accusant de détenir son âme. Interrogé par le président du tribunal sur sa capacité à identifier de prétendus sorciers, le prévenu a soutenu que c'est uniquement après l'application de sa pharmacopée qu'il est en mesure de le déterminer.
Le dossier, initialement instruit dans une juridiction de province, a été transféré au Tribunal de grande instance de N'Djamena. À la barre, le prévenu a brandi plusieurs pièces administratives et attestations, arguant de la légalité de son activité et rejetant toute responsabilité dans la désignation de la mise en cause.
Mécontent des accusations proférées à l'encontre de son épouse et des intimidations subies, le mari de la femme prétendument incriminée a régulièrement saisi la justice en déposant une plainte avec constitution de partie civile.
Sous le regard ému et étonné du public, venu nombreux assister aux débats, le représentant du Ministère public, estimant le dossier insuffisant pour formuler immédiatement ses réquisitions, a sollicité un renvoi. L'affaire a été renvoyée au 29 septembre 2026 pour la suite de l'instruction et les plaidoiries.
À l'issue de l'audience, la tension est montée d'un cran, dégénérant en un échauffement verbal violent entre les partisans des deux parties dans l'enceinte du tribunal, nécessitant l'intervention vigilante des forces de l'ordre.