N’Djamena : une commerçante poursuivie pour un présumé abus de confiance de 7,4 millions FCFA

Un procès pour abus de confiance à N’Djaména questionne la frontière entre litige commercial et infraction pénale, alors que la justice traditionnelle et étatique se confrontent.

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N’Djamena : une commerçante poursuivie pour un présumé abus de confiance de 7,4 millions FCFA

Par Ahmad Youssouf Ali

Un procès pour abus de confiance s’est tenu ce mercredi 10 juin 2026 devant le tribunal de grande instance de N’Djaména. Une femme, accusée d’avoir détourné des marchandises d’une valeur de 7 400 000 FCFA, a fermement nié les faits, expliquant qu’il s’agissait simplement d’une affaire de marché habituelle entre commerçantes.

Selon l’accusée, elle avait reçu une marchandise composée de parfums et d’articles destinés aux femmes (décrits comme « fumées des femmes »). Elle aurait ensuite confié cette même marchandise à une tierce personne, laquelle n’aurait pas respecté le délai de paiement convenu.

Face à ce contretemps, l’accusée affirme avoir tenté de régler le litige à l’amiable. Un premier engagement a été pris devant le chef communautaire : elle proposait de rembourser la plaignante par tranches de 50 000 FCFA. Cet engagement a été accepté dans un premier temps, puis rejeté par la plaignante, qui jugeait cette somme insuffisante.

Un second accord a été négocié devant les responsables communautaires : le montant a été porté à 150 000 FCFA. Nouveau refus de la plaignante. C’est finalement elle qui a saisi la justice pour abus de confiance.

« Nous avons l’habitude de marchander entre nous », a plaidé l’accusée, dénonçant une mauvaise interprétation des faits. Devant la persistance des tentatives de résolution à l’amiable, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier.

L’affaire soulève la question de la frontière entre litige commercial ordinaire et infraction pénale, dans un contexte où la justice traditionnelle tente de trouver sa place aux côtés de la justice étatique.