N'Djamena : vives tensions au tribunal autour d’une affaire d’injures et de menaces de mort

À N'Djamena, une audience tendue s'est soldée par un nouveau renvoi, provoquant la colère de la défense qui dénonce une détention préventive prolongée et injustifiée.

Partager
N'Djamena : vives tensions au tribunal autour d’une affaire d’injures et de menaces de mort

Par Temandang Gontran

Le 1er juin 2026, l’audience devant le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena, concernant un prévenu poursuivi pour « injures » et « menaces de mort », a été marquée par une vive altercation entre les conseils de la défense et ceux de la partie civile.

Le débat a rapidement cristallisé autour de la récurrence des renvois de l'affaire. Les avocats de la défense, constitués en nombre, ont vivement dénoncé ce qu'ils qualifient de « manœuvre dilatoire ». Ils soutiennent que le report systématique des plaidoiries vise à maintenir leur client en détention préventive arbitraire. Soulignant que le prévenu est incarcéré depuis six mois sans qu’un jugement sur le fond ne soit intervenu, la défense a formellement sollicité sa mise en liberté provisoire.

De son côté, le collectif des avocats de la partie civile a rappelé le principe de la souveraineté du tribunal dans la conduite de la procédure et a souligné qu'au cours de la procédure même, la défense du prévenu avait aussi demandé un renvoi. Selon eux, le renvoi est une prérogative du juge, et aucune partie ne saurait entraver l'exercice de son pouvoir d'appréciation.

L’atmosphère dans la salle d’audience, électrique, a fait peser une pression palpable sur le siège, laissant les observateurs présents stupéfaits par la virulence des échanges. Après plus d’une heure de débats houleux, le tribunal, face à la complexité de la situation, a prononcé un nouveau renvoi de l’affaire à une date ultérieure.

Cette décision a suscité une vive désapprobation de la part du conseil du prévenu, qui voit ainsi se prolonger la détention de son client, lequel demeure, à ce stade de la procédure, présumé innocent selon eux. En attendant que le sort du prévenu soit situé, ce dernier est en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum.