OCHA : 35 conflits recensés au Tchad en six mois, les tensions intercommunautaires restent dominantes
Le Tchad a enregistré une recrudescence des conflits inter et intracommunautaires au cours du premier semestre 2026, selon un aperçu publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Entre janvier et juin, 35 conflits ont été recensés, contre 25 sur la même période en 2025, soit une hausse de 40 %. Malgré cette augmentation du nombre d'incidents, le bilan humain a diminué, avec 81 morts et 167 blessés, contre 136 morts et 166 blessés au premier semestre 2025.
Les violences restent principalement concentrées dans les provinces du Lac et du sud du pays, qui enregistrent chacune 37 % des incidents, devant l'est (23 %) et le centre (3 %). Cette répartition témoigne toutefois d'une extension géographique des foyers de tension.
Les conflits intercommunautaires demeurent de loin les plus fréquents, représentant 23 des 35 incidents, soit 66 % des cas recensés. La période a également été marquée par un conflit intracommunautaire, un conflit entre agriculteurs, un conflit à caractère religieux, ainsi que plusieurs conflits liés aux ressources naturelles, dont cinq conflits agro-pastoraux et quatre conflits fonciers.
Le rapport souligne également des conséquences humanitaires importantes. Plusieurs affrontements, notamment dans l'est et le sud du pays, ont provoqué des déplacements de populations, des incendies d'habitations, des pertes de biens et une aggravation de la vulnérabilité des femmes, des enfants et des personnes âgées. Des restrictions d'accès humanitaire ont aussi été signalées dans les départements de Kobé et de Dar-Tama (Wadi Fira), en raison de barrages routiers érigés par des communautés impliquées dans les conflits.
Selon OCHA, les autorités tchadiennes sont intervenues dans plusieurs zones affectées à travers le déploiement des forces de défense ainsi que l'implication des autorités administratives et coutumières, contribuant à limiter l'extension des violences. Néanmoins, l'organisation estime que le premier semestre 2026 se caractérise par une multiplication des foyers de tension, un risque accru d'escalade et des contraintes persistantes pour l'accès humanitaire.