Procès d'un "clandomen" à la barre : quand une dispute tarifaire dégénère en violence
Jugé en comparution immédiate pour coups et blessures volontaires, un conducteur de taxi-moto comparaît après une violente altercation survenue suite à un désaccord sur le tarif d'une course.
Par Temandang Gontran
Le tribunal correctionnel a examiné, ce lundi 14 septembre 2026, une affaire de violence urbaine opposant un conducteur de taxi-moto, communément appelé « clandomen » à un usager. Les faits, qui se sont déroulés au terme d'une course, ont viré à l'affrontement physique et à la comparution immédiate du prévenu sous mandat de dépôt.
Les faits et l'élément déclencheur
Selon les explications fournies à la barre, le prévenu transportait deux passagers sur sa moto, tandis qu'un second conducteur transportait une seule personne. Arrivés à destination, les deux clients ont versé la somme globale de 500 francs pour la course.
Une divergence tarifaire est alors survenue : le prévenu a exigé 1 000 francs, soit un tarif unitaire de 500 francs par passager. Les clients ont contesté cette tarification, arguant qu'il s'agissait d'une course unique, effectuée sur le même trajet et pour une prestation similaire à celle de l'autre conducteur, facturée moitié moins.
Cette discussion houleuse a rapidement dégénéré en altercation verbale, puis en rixe.
D'après la version du prévenu, la partie civile l'aurait pris au collet. Voulant repousser cette agression, il aurait riposté en assénant un coup de tête à la victime. Ce choc violent a entraîné la fracture ou la perte de dents pour cette dernière.
Interpellé et conduit au poste de police, le mis en cause a ensuite été déféré au parquet avant d'être écroué sous mandat de dépôt. Pour sa défense, il invoque le fait justificatif de la légitime défense.
Les réquisitions du Ministère public
Prenant la parole, le représentant du Ministère public a qualifié les faits de rixe caractérisée, tout en retenant la responsabilité pénale du prévenu du chef de coups et blessures volontaires (CBV).
Tout en soulignant la culpabilité du prévenu, le parquet a requis une condamnation assortie d'un sursis, s'en remettant à la sagesse du tribunal pour le quantum de la peine. Enfin, le procureur a invité le juge à examiner avec attention l'argument de la légitime défense soulevé par la défense afin d'apprécier l'éventuelle proportionnalité de la riposte. Le dossier a été renvoyé pour le délibéré le prévenu a été reconduit à la maison d'arrêt pour une détention provisoire.