Procès insolite à N'Djamena : une vente de pierres magiques devant la justice
Le Tribunal de grande instance de N'Djamena a examiné une affaire insolite de vente de pierres prétendument précieuses, sur fond d'allégations de pratiques occultes et d'escroquerie.
Par Temandang Gontran
Ce 21 septembre 2026, le Tribunal de grande instance (TGI) de N'Djamena a examiné une affaire insolite mêlant transactions commerciales et allégations de pratiques occultes.
Les faits portent sur la vente de cinq morceaux de pierre pour un montant total de 4 500 000 FCFA. Selon les explications de la partie civile, l'accord initial prévoyait une phase de test avant tout décaissement de fonds, modalité qui a été respectée. Cependant, s'étant aperçue par la suite que les minéraux acquis n'étaient ni de l'or, ni du diamant, ni de l'uranium, l'acheteur a initié des poursuites pour recouvrer sa mise.
L'avocat du prévenu a plaidée la régularité de la transaction consentie. Selon lui, le versement des fonds est intervenu postérieurement à la vérification des pierres par l'acheteur. Il s'interroge ainsi sur le bien-fondé de la contestation : si la partie civile ignorait la nature ou la valeur réelle de la marchandise, pour quelle raison a-t-elle accepté de s'acquitter de la somme convenue ?
En réplique, le conseil de la partie civile a soulevé des allégations d'escroquerie par manœuvres frauduleuses. Il soutient que le prévenu a eu recours à des pratiques occultes lors du test probatoire, altérant le consentement de l'acheteur en lui faisant faussement croire à la nature précieuse des minéraux. Par ailleurs, il a été relevé qu'aucune expertise officielle ou évaluation scientifique de la valeur des dites pierres n'a pu être produite ou démontrée devant les juges du siège.
Décision du tribunal
Entre éclats de rire du public et débats houleux, l'audience a mis en lumière la complexité de qualifier pénalement cette vente.
Dans l'attente d'un complément d'information ou de pièces justificatives probantes, le tribunal a ordonné le renvoi de l'affaire à une audience ultérieure. Le prévenu, quant à lui, demeure sous le coup d'un mandat de dépôt et a été maintenu en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum.